Cinéma Un joli conte sur l’acceptation de la différence.

Comme le dit M. Tushman, principal de l’école primaire : "Auggie ne peut pas changer de visage. Peut-être pouvons-nous changer la façon dont on le regarde ?" Atteint d’une maladie génétique, August Pullman est né le visage totalement déformé. Malgré 27 opérations de chirurgie esthétique, il ne ressemble pas aux autres enfants. Pour sortir, il préfère porter un casque de cosmonaute, lui qui, comme tous les petits garçons de son âge, rêve de s’envoler sur la Lune… Mais ce masque ne pourra pas le protéger indéfiniment. D’ailleurs sa mère (Julia Roberts) l’a inscrit à l’école. A 10 ans, Auggie va vivre sa première rentrée scolaire et devoir affronter le regard des autres enfants…

Il n’est pas facile de faire de bons films avec de bons sentiments… On l’a encore vu récemment avec "Everything, Everything", romance guimauve sur une jeune fille gravement malade, ne pouvant sortir de chez elle et tombant amoureuse de son voisin… Sur un sujet analogue (un enfant handicapé), Stephen Chbosky réussit l’impossible, rendre vivant et jamais niais cette exploration de beaux thèmes mais forcément assez convenus : l’apprentissage de la différence, la découverte de la beauté intérieure…

Si Chbosky trouve le ton juste, c’est sans doute parce que ce thème de l’amitié et de l’enfance est cher à ce cinéaste découvert en 2012 avec "Le Monde de Charlie", adaptation de son propre roman où il était déjà question d’un garçon (un ado en l’occurrence) qui éprouvait des difficultés à s’intégrer dans son nouveau lycée. La question est évidemment plus délicate ici puisque s’ajoute le problème du handicap. Si "Wonder" réussit à ne pas sombrer dans le misérabilisme, c’est par la justesse du regard sur ce petit garçon, que l’on observe à travers le point de vue de ceux qui orbitent autour de lui. Et notamment de sa sœur Via, 14 ans, qui adore son petit frère et ferait tout pour lui mais qui, parfois, aimerait aussi bénéficier d’un peu d’attention de la part de ses parents…

Pour ce rôle impossible d’Elephant Man enfant, Stephen Chbosky a fait le bon choix en la personne de Jack Newsome. Méconnaissable derrière le maquillage, on reconnaît à peine le petit garçon retenu prisonnier avec sa mère Brie Larson dans l’impressionnant "Room". A dix ans, le gamin a de la ressource ! Et il donne avec aisance la réplique à Julia Roberts (très juste) et à Owen Wilson (dans un joli contre-emploi).


© IPM
Réalisation : Stephen Chbosky. Scénario Steven Conrad, Jack Thorne&Stephen Chbosky (d’après le livre de R.J. Palacio). Musique : Marcelo Zarvos. Photographie : Don Burgess. Avec Julia Roberts, Jacob Tremblay, Owen Wilson, Mandy Patinkin, Izabela Vidovic… 1h53.