Abonnez-vous a La Libre Belgique

Un «signal politique» peu apprécié en Amérique

Libération

Mis en ligne le 24/05/2004

En pleine campagne électorale, la palme d'or de Michael Moore pourrait s'avérer embarrassante pour le président Bush

CORRESPONDANCE PARTICULIÈRE À NEW YORK

M aintenant, je voulais vous livrer quelques réactions à la palme d'or de Michael Moore à Cannes dit la présentatrice de Fox News, nous avons un e-mail qui demande si Michael Moore ne peut pas rester en France et si on ne peut pas révoquer son passeport américain. Intéressant, non?» Encore une dizaine de minutes, etCannes apparaît de nouveau dans les titres. «Disons que ce qui me gêne un peu, c'est que la France et beaucoup de ces pays d'Europe sont anti-Bush et antiaméricain, ajoute encore la journaliste, et je n'aime pas beaucoup voir Michael Moore parader en France à cause d'un film antiaméricain».

A peine après avoir reçu sa récompense à Cannes, Michael Moore avait prévu la réaction de la chaîne ultraconservatrice Fox News et il ne s'était pas trompé. Toute la journée d'hier, les différents reporters qui se sont succédé dans les émissions d'actualité ont eu du mal à dissimuler leur rancoeur face au triomphe du réalisateur américain sur la Croisette.

Mais au-delà de Fox News, la palme d'or a pris l'Amérique par surprise. Hier, les principaux journaux soulignaient le «signal politique» envoyé par le jury international du festival. Le «New York Times» par exemple a choisi de placer son article sur Moore en pages de politique internationale et non dans sa section culturelle. «La signification de la palme obtenue par M. Moore va bien plus loin que le seul monde douillet et glamour du festival de Cannes», écrit le quotidien. Le «Washington Post», lui, était encore plus direct : «Pour Moore, cette victoire est bien plus qu'un triomphe artistique, c'est une grenade à main politique envoyée sur la Maison-Blanche». George Bush d'ailleurs, qui passait son week-end dans son ranch texan de Crawford, s'est même senti obligé de réagir. «Cela signifie que les Etats-Unis sont un pays libre, où chacun a le droit de dire ce qu'il veut», a confié une porte-parole du Président à l'Agence France Presse.

Autant de réactions à vif qui sont à la mesure de la personnalité très controversée de Michael Moore aux Etats-Unis. De «Roger and me» à «Bowling for Columbine», Moore s'estconstruit la réputation d'un critique féroce et intraitable d'une certaine Amérique, une Amérique majoritairement blanche et conservatrice, l'Amérique de George W.Bush. Le cinéaste reste en outre beaucoup plus connu en Europe que dans son propre pays, où ses films sont souvent montrés dans très peu de salles.

Généralement haï par les républicains, Moore ne bénéficie pas non plus d'un soutien inconditionnel de la part des démocrates, qui le considèrent trop extrême pour l'Américain moyen. En pleine campagne électorale, la palme d'or de Michael Moore pourrait toutefois s'avérer embarrassante pour le président Bush. Renforçant cette image d'une administration impopulaire à l'étranger et qui ne sait pas comment se sortir du bourbier irakien. Et comme le remarquait hier Bill Mc Cuddy, le critique cinéma de Fox news : «On peut parler du message politique ou pas, mais Moore aura certainement gagné quelque chose à Cannes : un distributeur américain pour un film qui fera du bruit».





LIENS PUBLICITAIRES

"Ascenseurs - Nouvelles exigences de sécurité de l'A.R. du 09/03/2003"

Pour faire un peu de sport certaines personnes empruntent l’escalier plutôt que l’ascenseur. C’est bien ! Il n’empêche, nous passons chaque année, plusieurs heures dans les ascenseurs et trouvons normal que les 75.000 appareils du parc belge nous conduisent, en toute sécurité, aux étages voulus.


lalibre.be ne peut être tenue responsable du contenu de ces liens.

© La Libre Belgique 2004

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page