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Scènes | Critique

Imparable "Souricière"

Philip Tirard

Mis en ligne le 16/10/2009

Les Galeries remettent la célèbre pièce d'Agatha Christie sur le métier.

Une fois n’est pas coutume, on peut parler ici à bon droit de pièce "culte". Conçue à l’origine par la romancière Agatha Christie en forme de dramatique radiophonique, "The Mousetrap" n’a plus quitté l’affiche du West End de Londres depuis sa création en 1952.

Il faut dire que la créatrice de Hercule Poirot y condense l’essence de son art. Ce suspense à huis clos - les protagonistes, dont un redoutable meurtrier, sont coupés du monde dans une pension de famille isolée par le blizzard - décline une satire subversive d’un certain mode de vie british. Meurtres en série dans un intérieur "cosy"

On n’avait plus monté "La Souricière" chez nous depuis près de trente ans. Elle avait été créée en 1973 par Louis Verlant au Parc, puis reprise par Jacques Joël en 1981 au Théâtre Molière par la Compagnie des Galeries. Le temps pour les spectateurs d’oublier le surprenant dénouement - qu’on est toujours prié de ne pas révéler pour ne pas gâcher le plaisir des spectateurs à venir.

Cette fois, les Galeries ont confié la mise en scène à Fabrice Gardin, par ailleurs auteur dont on sait le goût pour les bons "polars". Il s’est choisi une distribution rêvée pour mettre en œuvre cette fine mécanique dans un spectacle sans bavures. Stéphanie Van Vyve et David Leclercq forment le jeune couple qui inaugure une pension de famille dans un manoir campagnard.

Tandis que la radio annonce la découverte d’une femme assassinée dans Culver street à Londres, leurs hôtes arrivent : un jeune architecte fantasque et irrévérencieux (Tristan Moreau), une dame aussi mûre qu’acariâtre (Louise Rocco), un débonnaire major à la retraite (Yves Claessens), la très masculine Miss Casewell (Gwen Berrou) se présentent tour à tour au seuil du logis que cerne une tempête de neige.

Deux invités inattendus s’ajoutent : un Italien extravagant dont la voiture est tombée en panne à proximité (Toni d’Antonio) et un sergent de la police locale (Frederik Haùgness), dépêché pour enquêter et protéger la maisonnée. Tout ce petit monde sort droit d’une BD d’Edgar P. Jacobs ou d’une partie de Cluedo, menée avec une grande exactitude et un abattage certain - seul bémol : des éclairages quelque peu anémiques. Le suspense - et le plaisir ! - sont au rendez-vous.

Bruxelles, Théâtre des Galeries, jusqu’au 14 novembre. Durée : 2h20 entracte compris. De 10 à 23 €. Tél. 02.512.04.07. Web : www.trg.be.

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