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Politique culturelle | France

Musées en grève : le baptême du feu pour Mitterrand

Bernard Delattre

Mis en ligne le 03/12/2009

Grogne syndicale dans les monuments historiques et musées nationaux.
Correspondant permanent à Paris

Les réformes de la droite ont du mal à passer dans le monde de la culture : nouvel épisode d’un long et vieux feuilleton. Ces dernières années, tous les prédécesseurs de Frédéric Mitterrand à la tête du ministère de la Culture avaient trébuché sur la réforme du mode d’indemnisation des intermittents du spectacle ou, plus récemment, sur la réforme punissant le téléchargement illégal de contenus culturels sur internet. Cette semaine, c’est l’ex-présentateur de télé entré en politique qui passe son baptême du feu. Moins de six mois après sa nomination comme ministre, il affronte lui-même son premier mouvement de contestation.

Pour preuve, et sans même parler des théâtres, des écoles d’art ou d’architecture et des bibliothèques, des sites culturels aussi divers que renommés ont fermé leurs portes, mercredi. Ainsi, ont suivi le mot d’ordre de grève reconductible les musées d’Orsay, Rodin et Gustave Moreau, l’Arc de Triomphe ou la Sainte Chapelle - alors que le Centre Pompidou, lui, est en grève depuis près de dix jours. Le château de Versailles, le Louvre, le musée du quai Branly et la Bibliothèque nationale voient également monter, en leur sein, la grogne syndicale, sans que, pour l’instant, leur activité s’en trouve perturbée. En province, le musée Picasso de Vallauris, le château d’Azay-Le-Rideau ou les remparts d’Aigues-Mortes et de Carcassonne ont fait grève.

Quatre lettres sont à l’origine de la protestation syndicale : RGPP. Derrière cet acronyme désignant la révision générale des politiques publiques, se cache la clef de voûte de la politique du président Sarkozy et de son gouvernement en matière de fonction publique : le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Une politique destinée à amaigrir des effectifs jugés pléthoriques et à soulager un Etat lourdement endetté.

Mais les syndicats n’acceptent pas "les suppressions d’emplois, la réduction des subventions et plus largement le désengagement de l’Etat" qu’implique, à leurs yeux, l’application de cette RGPP dans le secteur culturel.

Selon leurs calculs, si, par exemple, cette règle de dégraissage des effectifs de la fonction publique était appliquée à la lettre au Centre Pompidou (qui compte nombre de quinquagénaires parmi son personnel), cette institution perdrait près d’une cinquantaine de postes dans les deux années à venir - soit pas loin des 65 emplois qui avaient été créés à Beaubourg en 2006, à l’issue, déjà, d’une grève qui avait duré deux semaines.

Mercredi en fin d’après-midi, Frédéric Mitterrand a reçu à son cabinet les syndicats, qui, depuis plusieurs jours, dénonçaient son "silence assourdissant". Ses interlocuteurs, très remontés malgré le succès moyen de leur mouvement, l’ont assuré de leur détermination à s’opposer à "la brutalité et à l’intensité des attaques gouvernementales contre le ministère de la Culture, contre ses missions de service public et contre ses personnels".

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