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Musique | Concert

Josh Rouse, un gringo dans la ville

A.A.

Mis en ligne le 03/04/2010

L’Américain a livré une prestation chaleureuse, mercredi soir, à l’AB.

Huit albums studio en douze ans de carrière : Josh Rouse est plutôt du genre prolifique. Force est de constater que le singer-songwriter se bonifie avec le temps. C’est qu’il en a des choses raconter, le natif du Nebraska, exilé depuis 2004 à Valence, en Espagne. Une migration visiblement très inspiratrice pour le bonhomme : sur son dernier album, "El Turista", il se risque carrément à l’idiome de Cervantès. Le pire, c’est qu’il fait ça plutôt bien.

Restait à jauger l’album in vivo : c’est sur la scène de l’AB (Flex) que cela se passait mercredi soir. On l’avait vu dans des formules plus larges, c’est en duo que l’on retrouve Josh Rouse, avec Raul Fernandez (que l’on connaît pour son projet pop Refree). L’histoire ne dit pas où ni comment les deux comparses se sont rencontrés. Une chose est sûre, le courant est passé. Une complicité évidente qui se retrouve sur scène, où l’Espagnol soutient l’Américain, tantôt au piano, tantôt au ukulélé, en passant par la guitare et aux chœurs.

Rouse, lui, est d’emblée dans son sujet, tant vocalement que dans sa relation avec le public. Sur une scène pourtant terriblement vide, le cadre intime est posé aux premiers accords de "Lemon Tree". S’il ouvre par cet extrait du nouvel opus, Josh Rouse ne passera pas ce dernier en revue, préférant revisiter assez également ses quatre derniers passages studio.

L’occasion de se délecter de "Sunshine (Come On Lady)", "Winter In Hamptons" ou encore "Summertime". Très homogène, le concert n’en est pas moins bousculé par les récentes sonorités latines de Rouse ("Las Voces, Valencia"), lesquelles rappellent par moments les envolées du genre d’un certain Devendra Banhart. Le côté psyché en moins. Quoique, avec le faciès illuminé et ahuri de l’hirsute Raul, on n’en est pas bien loin. Cela n’empêche pas l’Espagnol de donner une véritable dimension au set, en bon explorateur qu’il est. Le concert ne pouvait pas mieux finir qu’avec les deux comparses assis en bord de scène, micros coupés, pour une superbe version acoustique de "Love Vibration". Deux jours après, on peut vous dire que ça vibre encore.

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