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La fin d’un couple

Camille de Marcilly

Mis en ligne le 02/12/2011

Délicate mise en scène d’“Une séparation” de Véronique Olmi.

Comment avons-nous pu passer si vite de l’émerveillement à la léthargie, je l’ignore ! Comment avons-nous pu être ces deux impudiques qui s’embrassaient des heures entières sur les ponts, les places, les quais, dans les églises, les ascenseurs, les halls d’immeubles, les arrières-cours, et nous quitter le matin d’un geste de la main, dans une désinvolture engourdie ?". Aux yeux de Marie, une seule explication: "l’ennui", "la routine qui s’installe" dans sa relation avec Paul. D’une lettre de rupture, elle met fin à une longue histoire d’amour qui s’est délitée sans que Paul ne s’en aperçoive. Pour lui, le choc est rude, il ne s’y attendait pas et ne comprend pas comment Marie peut le quitter pour les mêmes raisons qu’elle l’a aimé.

Sur la scène du Théâtre du Méridien, dans une sobre scénographie de panneaux verticaux de papier froissé, fissuré, où se reflète la lumière, Cécile Vangrieken et Laurent Bonnet incarnent avec sensibilité et justesse ce couple qui se sépare sans heurts mais avec douleur. De l’écrivaine Véronique Olmi, ce texte doux amer interroge le couple, l’amour et sa reconnaissance au sein de la société. "Cela va vite une séparation. Il suffit d’un mot pour défaire des mois, des années d’amour, c’est comme dynamiter sa maison, on craque une allumette et tout s’effondre. Etrange que ce soit si simple de se quitter. Etrange qu’il n’y ait de procédure que pour les gens mariés." Un couple sans enfant, est-ce également un couple qui se "sépare facilement" ? Toutes ces questions, Paul et Marie se les posent par écrit alors qu’ils décident de correspondre chaque jour. Leurs peines, leurs joies, leurs colères, leurs attentes, ils les couchent sur de belles lettres, sur des cartes postales ou des post-it et s’envoient même leurs meilleurs souvenirs. Inconsciemment, ils tentent de se retrouver et cherchent à raviver cet amour. La mise en scène délicate, alliant de multiples jeux de cache-cache et d’amants, de Philippe Beheydt reflète à merveille les allers-retours de Paul et Marie qui se rapprochent puis s’éloignent jusqu’à se tourner le dos pour mieux faire volte-face, à l’instar de ces pas de tango, danse du couple par excellence, esquissés à l’aide d’Adia Panteleeff, danseuse-comédienne. Une histoire à la fois banale et unique, sensible et touchante, marquée par les rendez-vous manqués et les désirs incompris.

Bruxelles, Théâtre du Méridien, jusqu’au 10 décembre. Durée : env.1h30. De 9 à 18 €. Infos : 02.663.32.11. et www.theatredumeridien.be

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