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Flash-back sur un 31 décembre

Marie Baudet

Mis en ligne le 24/12/2011

Humour noir, Porsche jaune, rouge sang : une virée déjantée au 210.

Que peut-il bien se passer lorsqu’on place le pire des personnages dans la pire des situations ? Telle est la question que soulève le monologue écrit par Olivier Coyette pour Valéry Massion. "Histoire de l’homme qui était rentré en Porsche dans le magasin de photocopies" voit ainsi un individu, coincé dans le toit ouvrant qui n’était pas ouvert, un premier janvier à 6h45, remonter le fil des 24 heures qui l’ont mené à cette inconfortable situation.

Seul en scène, l’acteur se relève en gémissant. Pour tout décor, une chaise, quelques lumières façon "joyeuses fêtes" et un écran où s’égrènent les heures de cette journée pas tout à fait ordinaire. Un réveil en sursaut, des préparatifs en hâte pour arriver à temps à l’école de la petite dernière, qui rechigne. Normal, c’est congé. Un jour qui commence sur les chapeaux de roue, avec une ou deux gifles, une dispute, une réconciliation à la salle de bain, et les diverses formes que prend la routine assaisonnée de mauvaise foi. Car voilà bien l’un des traits premiers du caractère de notre homme. Pour qui, c’est un fait, "les gens sont bêtes à bouffer du foin", à commencer par sa femme, son fils de huit ans, ses propres parents attendus le soir même pour l’inévitable réveillon, en famille mais sans sapin - une histoire d’allergie. Dans la peau de son personnage un poil misanthrope, voire volontiers cynique, Valéry Massion n’interprète pas les autres mais les lui fait imiter. Il y a forcément de la caricature dans le trait, et de l’acide dans la plume d’Olivier Coyette. Pour qui ce grand flash-back est prétexte à tirer le portrait - subjectif, partial, mi-affectueux mi-féroce - d’une Belgique tantôt arrogante tantôt frileuse, confite dans ses habitudes et pourtant ébranlée par la tragédie ordinaire. Une brève séquence de photos sans légende mais évocatrices - de la politique au théâtre en passant par le foot et le clergé - viendra émailler le propos, sur des effluves d’encens.

La musique s’infiltre dans le récit, petites chorégraphies à l’appui, faisant office à la fois d’intermède et d’illustration. Mylène Farmer y côtoie Lio ou A cause des garçons et Leonard Cohen. Des gimmicks ponctuent ce solo qui ose la trivialité autant que les envolées, le tout personnifié par un acteur aux talents multiples, au visage élastique, à la fibre comique. Festif et cathartique.

Bruxelles, Atelier 210, jusqu’au 7 janvier, à 20h30. Durée : 1h40 env. De 10 à 18 €. Infos & rés. : 02.732.25.98, www.atelier210.be

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