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Multidisciplinaire
Un demi-siècle d’AKDT
Hubert Heyrendt
Mis en ligne le 02/06/2010
Depuis 1962, l’Académie d’été de Wallonie s’est imposée comme une institution sans équivalent dans le monde. Du 3 au 31 juillet prochain, sont ainsi attendus à Libramont et Neufchâteau pas moins de 2 000 élèves ! Avec près d’un million d’euros de budget (dont 75 % en fonds propres), l’AKDT est, en effet, capable d’offrir, durant un mois, 180 stages, répartis en quatre domaines : la musique, les danses et musiques traditionnelles, les arts plastiques et les arts du spectacle. De la vielle à roue au slam et aux musiques électroniques, du cinéma au tango, tous les grands écarts sont bienvenus, l’Académie misant de plus en plus sur l’interdisciplinarité, mêlant allégrement théâtre et danse, arts plastiques et musique
Responsable des relations extérieures de l’AKDT, Inge De Winter note quelques évolutions en quarante-huit années d’existence. "Au début, nous proposions surtout des stages classiques. Aujourd’hui, notre offre s’est considérablement ouverte à d’autres disciplines. Nous essayons de suivre la demande pour adapter notre offre. Ainsi, nous ne proposons plus de master classes classiques depuis une dizaine d’années mais cela pourrait revenir. Ces derniers temps, c’est le chant qui a la cote mais dans deux ans, ça pourrait être la danse "
Si les thématiques abordées ont évolué, il en va de même du public qui participe aux stages. "Depuis dix ans, la réputation de l’Académie a grandi, en Europe mais aussi hors-Europe. On accueille ainsi des boursiers venus du Congo, de Tunisie Mais aussi plus de Flamands qu’avant" , explique la responsable de la communication, néerlandophone, elle aussi Laquelle note également un rajeunissement des participants, notamment grâce à certains cours spécifiquement destinés aux étudiants préparant les concours d’entrée de la Cambre ou de l’Insas, par exemple.
Mme De Winter se réjouit par ailleurs de la vigueur de l’AKDT, malgré la crise. A 200-245 € en moyenne (plus 195 € si l’on opte pour l’hébergement complet), ces stages ne sont, en effet, pas donnés; les demandes d’étalement de paiement sont dès lors en augmentation. Si les prix sont aussi élevés, c’est que l’Académie fait appel à des professeurs reconnus dans leur domaine : Jean-Pierre Ransonnet (Recherches picturales et plastiques), Colette Nys-Mazure (Ecriture, cris et ratures), Fred Malempré (Percussions), Anne Niepold et Bruno Le Tron (Accordéon diatonique), Jean-Jacques Andrien (Scénario et réalisation), Philippe Vauchel (Théâtre improvisé)
Pendant des années, l’accordéoniste diatonique Didier Laloy a participé aux stages d’été de Neufchâteau, d’abord comme élève puis comme professeur. Star dans son domaine - d’Urban Trad à Panta Rhei en passant par Trio Trad ou Milann et Laloy, on ne compte plus ses projets musicaux -, il ne tarit pas d’éloges sur l’AKDT, même si, pour la première fois depuis vingt-deux étés, il ne sera pas de la partie cette année. "Ce qui est remarquable, c’est le niveau des professeurs, toujours de vrais musiciens avec une grande expérience, même s’ils n’ont pas toujours de grands pédagogues Alors que dans les académies à l’année, les profs ne sont pas toujours concertistes. En cela, l’Académie est un excellent complément des cours à l’année, car il s’agit de cours collectifs où la pratique importe plus que la théorie." Plus largement, les rendez-vous de Libramont et de Neufchâteau auront eu un réel impact sur certains domaines de la vie artistique belge, selon Didier Laloy. "On a vu une évolution. Au début, c’était surtout axé sur la musique traditionnelle : violon, cornemuse, accordéon Mais tout s’est de plus en plus métissé avec l’arrivée de cours de percussions cubaines ou africaines, par exemple. L’AKDT a fait évoluer les musiques du monde et la créativité en Belgique, favorisant les échanges culturels avec le Congo, la salsa Pour ma part, c’est ça qui m’a donné envie d’aller vers plus de mélanges dans ma pratique professionnelle. C’est aussi à Neufchâteau que j’ai rencontré Luc Pilartz, Steve Houben, Aurélie Dorzée tous les gens avec qui j’ai joué par la suite Je sais qu’on est regardé avec un air de jalousie en France !" , conclut l’accordéoniste.
Qui, c’est sûr, reviendra certainement à Neufchâteau dans les prochaines années. Ne fût-ce que pour profiter d’une ambiance à nulle autre pareille. Car, quand les cours s’achèvent vers 17-18h, la journée ne fait que commencer. Dans chaque recoin de Neufchâteau, la soirée et la nuit résonnent au son des concerts improvisés et des jams, où les frontières entre professeurs et élèves s’estompent totalement pour laisser place au simple plaisir de jouer ensemble.
Une centaine de places sont encore libres. Et une session se déroulera à Malmedy en octobre. Rens. : 061.22.54.79 (du lundi au vendredi de 13 h à 16 h 45) ou www.akdt.be
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