Livres - BD

On n’est pas fier d’être un "mâle" quand on lit le récit d’Adélaïde Bon, "La petite fille sur la banquise". On a beau se rassurer qu’il s’est agi d’un pédocriminel (un terme qu’elle préfère à juste titre au mot ambigu de pédophile), d’un paranoïaque dangereux, son agresseur est un numéro de plus dans la cohorte des hommes qui s’en sont pris aux femmes, aux petites filles et petits garçons.

On n’est pas fier non plus d’être dans une société qui, si longtemps (est-ce bien fini ?), a banalisé, caché, ces crimes pourtant dénoncés par les enfants eux-mêmes.

"Voilà tant de siècles que notre civilisation prend appui sur la culture du viol, la domination masculine et la maltraitance des enfants. Parmi nos ancêtres, combien d’enfants battus, combien d’enfants incestués, combien de filles mariées de force, combien de femmes violées soir après soir dans les secrets sales du devoir conjugal ? L’humanité tout entière est un enfant du viol, un enfant transi, sur la banquise, qui nous attend."

Son livre, "La petite fille sur la banquise", est l’histoire de son long calvaire et de sa guérison partielle, presque miraculeuse, 30 ans après les faits, y compris grâce à ce récit aux évidentes qualités littéraires par ailleurs.

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