Livres - BD

Surprise pour la rentrée. L’opus annuel d’Amélie Nothomb n’est pas un roman même si c’est écrit comme ça sur la couverture. L’écrivaine aux drôles de chapeaux nous offre plutôt son journal de bord, ses réflexions, lors du voyage qu’elle effectua au Japon au printemps 2012, elle a 44 ans, pour un documentaire sur ses origines, réalisé par France 5. Ceux qui ont vu ce beau film, émouvant et simple, en retrouveront l’atmosphère dans ce livre.

Entre Amélie Nothomb et le Japon, il y a une longue histoire d’amour. Elle y a vécu ses cinq premières années, quand son père, Patrick Nothomb, y était diplomate. C’est au Japon que se passent plusieurs romans comme "Stupeur et tremblements" et "Ni d’Eve ni d’Adam" où elle évoque son amour de jeunesse pour Rinri.

Elle n’avait plus revu le Japon depuis quinze ans. Dans "La nostalgie heureuse", elle nous entraîne dans ses bagages. Elle retrouve sa nourrice, Nishio-san, devenue si vieille. Un beau moment d’émotion intérieure. "Je suis la fille de Nishio-san", écrit-elle. Elle revoit son quartier à Kobe, là où un tremblement de terre a, depuis, tout détruit. Emue, elle ne parvient qu’à dire ridiculement : "les caniveaux et les égouts n’ont pas changé". Elle évoque Fukushima, ce désastre dû à l’homme, ce tremblement qui correspond à son tremblement intérieur quand elle retrouve le Japon. Elle écrit d’ailleurs, à un moment, qu’en retrouvant Nishio-san, toutes les deux "tremblaient comme des réacteurs". Elle revoit aussi Rinri, devenu un cadre important.

Un livre humain, sans forfanterie ni délire, une petite chose mais juste. Comme si, cette année, dans la crise de la mi-vie, Amélie Nothomb avait besoin de souffler et de retrouver ce qu’elle appelle "la nostalgie heureuse". Rinri lui avait dit en partant : "A présent, il va falloir être heureuse". Elle avait murmuré en elle : "Désormais, il ne faut pas être heureuse". 


La nostalgie heureuse Amélie Nothomb Albin Michel 152 pp., env. 16,50 €. En librairie le 21 août