Livres - BD

Comment Anne Richter ne serait-elle pas devenue écrivain, elle qui eut pour mère la romancière, dramaturge et critique Marie-Thérèse Bodart et pour père l’essayiste et poète Roger Bodart ("La Route du sel") qui fut l’un des membres éminents de l’Académie royale de langue et de littérature françaises ? Nouvelliste impressionnante (lauréate du prix du Parlement de la Communauté française pour "La Promenade du grand canal"), essayiste (Milosz, Simenon) et anthologiste, elle présida durant plusieurs années les très réputés "Midis de la Poésie" à Bruxelles. Aujourd’hui, L’Age d’Homme entreprend la réédition de son œuvre de fiction, ce qui nous vaut dès à présent de (re)découvrir sa "Grande pitié de la famille Zintram". Nous avons ici naguère salué les qualités d’écriture - intelligemment mise au service de l’insolite - de deux recueils de l’intuitive Anne Richter, "L’Ange hurleur" et "Le Chat Lucian"; réjouissons-nous maintenant de la "résurrection" d’un ouvrage qui ne bénéficia que d’une sortie trop discrète lors de sa première publication, en 1986, chez le très lettré Jacques Antoine. Quinze histoires contées de main sûre et qui, soumises à des éclairages nuancés, traitent de la fuite, de l’envol ou de l’enfermement. Des songes d’où eussent pu sourdre des romans noirs, qui fleurissent sous la plume armée d’épines d’Anne Richter, subtile cartographe des nébuleux territoires que sont les champs du Fantastique, cette mine à fantasmes qu’explore inlassablement la nouvelliste des "Locataires" qui marche à pas de louve dans les bois de la Nuit - quand la neige accentue le silence.

Simultanément, reparaît - en version revue et augmentée - sa panoramique étude sur cet "art sauvage" qu’est en littérature le Fantastique féminin. En voici des clés.

La grande pitié de la famille Zintram Anne Richter L’Age d’Homme 152 pp., env. 17€

Le Fantastique féminin A. Richter L’Age d’Homme 206 pp., env. 19 €