Livres - BD

Choyé par les auteurs car il est décerné par les enfants auxquels ils s'adressent, le Prix Versele vient de fêter ses vingt-cinq ans. Jubilaire oblige, celui-ci a été remis dans des circonstances plus officielles qu'à l'accoutumée - Journée Rencontre des Familles - moins chaleureuses aussi; les enfants et les auteurs n'ayant exceptionnellement pas été associés à la fête. En revanche, ces 25 ans ont permis de se pencher sur l'apport du livre comme l'a très justement souligné le psycholinguiste Evelio Cabrejo-Parra dans son exposé «Le livre, c'est bon pour les bébés».

Imaginé par Jacques Zwick, qui voulait marquer durablement l'Année internationale de l'enfance, ce prix, auquel ont participé 60000 enfants cette année constituant dès lors le plus grand jury du monde, est un véritable label de littérature jeunesse, inspiré de celui qu'avait proposé le psychologue Bernard Versele pour les jouets.

Son originalité, et son efficacité, résident dans le fait que ce sont les enfants qui donnent leurs voix aux livres aimés. On a donc déjà vu des titres - «Mon affreux papa» de Chris Donner, par exemple - qui ont failli ne pas franchir la rampe de la sélection car ils étaient sujets à d'âpres discussions et qui ont pourtant été plébiscités. Tout comme «Je veux une maman tout de suite!» d'Alex Cousseau et de Philippe-Henri Turin (L'école des loisirs), jugé très agressif par certains et cependant lauréat 2004 en catégorie 1 chouette, celle consacrée aux plus jeunes enfants et intitulée «albums tendres ou drôles à raconter aux petits ». Preuve qu'outre l'humour et la douceur, l'arrogance et l'impertinence plaisent aussi aux diablotins qui se sont reconnus dans cet infernal poussin prêt à tout, y compris à voler l'oeuf d'un autre, pour satisfaire tous ses caprices.

Malgré cela, toujours très sensibles à la tendresse, les jeunes électeurs n'ont pas résisté à l'irrésistible «Mon Papa» de Anthony Browne, dans lequel le génial auteur illustrateur livre moult détails, l'imprimé écossais du peignoir paternel se retrouvant jusque sur le pain grillé, et peint avec justesse le portrait d'un père aimé que l'enfant voit toujours comme le plus beau, le plus grand, le plus fort.

Raz-de-marée

En catégorie «3 chouettes», on se réjouit de voir «Petit Prince Pouf» d'Agnès Desarthe et de Claude Ponti (L'école des loisirs) sortir grand vainqueur. Album intelligent sur la confiance, l'éducation et la pédagogie, il est en outre divinement illustré par Claude Ponti qui semble y avoir mis un peu de sa Vallée et beaucoup de son talent.

Il serait injuste de ne pas s'arrêter sur le véritable raz-de-marée provoqué par l'«Avis de tempête» de Jean Gourounas (Ed. du Rouergue) qui a obtenu 6208 voix de préférence sur les 16000 électeurs ayant voté dans la catégorie «2 chouettes». Débordant d'imagination, ce livre emmène les enfants dans les rêves les plus fantasmagoriques à partir d'une situation quotidienne, presque banale: le bain. Seul dans l'eau pendant que sa maman lui envoie plusieurs injonctions telles que se laver, se shampouiner ou se rincer, Loïc laisse couler l'eau et son esprit au gré d'un savon qui se transforme en hélicoptère de la Marine nationale. Se succèdent ensuite une série de cataclysmes comme le trou dans la couche d'ozone, la fonte des glaces, le réveil des volcans et... l'inondation chez le voisin du dessous. Très belle représentation de l'abstraction de la réalité dont sont capables les enfants lorsqu'ils mettent leur imagination au pouvoir.

On notera encore, côté romans, la belle performance en 5 chouettes de «Mes enfants, c'est la guerre» de Jean-Jacques Greif (L'école des loisirs), auteur également du «Ring de la mort» et de «Nine Eleven» et celle, en label cette fois, de «Par-dessus le toit», roman très sensible de Audrey Couloumbis (Bayard) dans lequel deux soeurs montent sur le toit pour crier leur détresse face à l'injustice de leur situation familiale. Huis clos perturbant sur un toit brûlant.

Venant agrandir la famille déjà nombreuse des livres lauréats et labels du prix Versele dont la nécessité ne fait aucun doute, tous les titres précités bénéficieront en outre d'une deuxième vie bienvenue à l'ère de l'immédiateté.





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