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Philippe Geluck ramène son chat dans un univers classique de 48 pages, après "La Bible selon Le Chat" et divers coffrets. Le 21e album, "Chacun son chat", sort mercredi et est parsemé de réflexions chères au matou rondouillard, qui peut se faire grinçant pour commenter certaines actualités (immigration, attentat-suicide, pédophilie...). L'auteur ne souhaite toutefois pas abuser de références à l'actualité, de peur que celles-ci ne soient plus assez parlantes à moyen terme. Il pense qu'il sera encore lu par tous les publics dans les prochaines années, en ce compris les plus jeunes, si ses sujets sont pérennes.

Pour ce dernier opus, Philippe Geluck craint que certains thèmes abordés restent d'actualité longtemps encore, à l'instar des attentats-suicides, "un cancer qui ne guérira pas de si tôt". "Quand bien même l'éradiquerions-nous, cela restera un traumatisme", à l'image des Deux Guerres par exemple, confie-t-il dans un entretien à l'agence Belga.

Depuis la dernière parution d'un Chat en format classique, les attentats ont fait la une dans de nombreuses villes. L'auteur confie ne pas avoir changé sa manière d'aborder le sujet. "Je le fais frontalement mais en n'étant irrespectueux qu'avec les intégristes et les terroristes", souligne-t-il. "Si je dessine une femme en burka, ce n'est pas pour me foutre de la femme qui est sous la burka. C'est pour dénoncer l'obligation qui lui est faite de s'habiller comme un lampadaire."

Son héros semble parfois résigné face à l'un ou l'autre triste constat. L'auteur précise que le métier d'humoriste l'aide à combattre des idées noires. "Je reste quelqu'un de joyeux, positif, enthousiaste, passionné et aimant", dit-il. Avec le second degré, "on peut faire plus que flirter avec le mauvais goût absolu. Je joue avec l'horreur absolue et c'est cela qui m'enchante dans le second degré."

Ce cocktail culmine dans l'avant-dernière planche de l'œuvre lorsqu'une épouse qui revient des courses? et son mari qui vient de lui apprendre que leurs enfants avaient mis fin à leurs jours, digèrent la nouvelle avec un flegme félin.

Le meilleur pour la fin? Philippe Geluck clôt l'album avec son Chat réconfortant un Tintin quelque peu ratatiné. Le premier salue le second pour sa brillante carrière menée en dépit d'un physique peu prometteur. Un hommage à Hergé rendu sur un ton d'"insolence admirative", selon l'auteur.

Au total, la vingtaine d'albums du Chat a été vendue à 12,5 millions d'exemplaires cumulés, la France se partageant une majeure partie du gâteau (70%) et la Belgique absorbant 25% des ventes.

Le Chat, 48 pages, paraît aux éditions Casterman. Il est tiré à 300.000 exemplaires et est vendu 11,95 euros.