Livres - BD

Victor aimait lire. Rire et chanter aussi, sans doute. Mais surtout lire. Il s'en est allé accidentellement, à treize ans, le 4 novembre 2016, laissant ici-bas tous ces romans qu'il ne pourra plus découvrir. Et, surtout, des proches dévastés. 

Afin de perpétuer sa mémoire, ses parents, Patricia Vergauwen et Francis Van de Woestyne ont créé le Fonds Victor qui vise à encourager la lecture, tellement essentielle, auprès de la jeunesse. "Un enfant qui lit sera un adulte qui pense" aime rappeler l'ancien rédacteur en chef de La Libre. Comme les cent quarante récitants, artistes, comédiens, journalistes, politiciens, enfants, étudiants ou amis présents à la première journée Victor de la littérature orchestrée de bien belle manière, samedi 21 avril, dans le Domaine Provincial de Chevetogne qui, en cette météo estivale, avait revêtu ses plus beaux atours, dévoilant une nature luxuriante, généreuse, rieuse, trompeuse, cachant si bien sous ses floraisons et frondaisons, les misères de l'hiver et de la condition humaine.

Douceur et partage

L'heure était à la douceur, aux belles lettres, au partage, aux rencontres au fil de ce parc de six cents hectares et d'un parcours ponctué de haltes bienvenues où nous attendaient tant de voix et d'âmes venues prêter leur talent. Qu'il s'agisse de Bernard Cogniaux, François de Brigode, Olivier Maingain, Sacha Daout, Jean Loubry, Nicolas Blanmont,  Alda Greoli, Christine Defraigne, Jean-Michel Javaux, Philippe Mahoux, les étudiants du Conservatoire de Ciney célébrant dignement Émile Verhaeren, Marie-Paule Kumps ou quelques jeunes enfants ou aînés déclamant leur texte avec conviction. Même Tintin était de la partie avec Jean-Pierre Talbot qui, à quelques pas de la brasserie du Héron, au bord de l'étang où paressaient les carpes, récitait, d'opportune et judicieuse façon, la fable de La Fontaine du même nom. Pourquoi chercher plus loin lorsque la nature nous tend de pareilles perches? Cette nature autour de laquelle s'articulaient les textes choisis, qu'ils soient signés Victor Hugo, Boris Vian, Maurice Carême, Jacques Prévert ou Marie de Heredia.

Une deuxième édition

Omniprésente, elle inondait le regard et berçait les oreilles. Telle cette cascade joyeuse au pied de laquelle le comédien Gaëtan Bilocq choisit de nous conter un texte de Henri Gougaud extrait des "Sept Plumes de l'aigle". Pour nous apprendre, avec un naturel désarmant, que l'amour peut aussi surgir d'une pierre. Il suffit, pour le voir, d'un rien d'oubli de soi. Une pensée pleine de sens à l'issue d'une journée organisée sous la houlette de Bruno Belvaux, auteur et directeur du Domaine. 

Environ trois mille personnes y ont participé. Un bilan positif de bon augure pour une deuxième édition.