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L’exposition magistrale "Révolution bande dessinée" , qui se tient au musée de La Boverie, jusqu’au 11 juin, s’ouvre par seize planches extraites des collections de la Ville de Liège. Une signée Franquin de 1969; celle, culte, où la fusée s’approche du satellite de la Terre dans "On a marché sur la lune" d’Hergé; une autre d’E.P. Jacobs, tout aussi légendaire, où la Marque jaune s’échappe de l’appartement de Blake et Mortimer…

A la fin du parcours, le visiteur passera devant les planches-peintures de "Paysage après la bataille" d’ Eric Lambé , qui a remporté en janvier le Fauve d’or du dernier Festival d’Angoulême.

Moment charnière

Cette introduction et cette ponctuation permettent de très précisément donner la mesure de la "révolution" qu’imprimèrent à la bande dessinée les deux revues "Métal Hurlant" et "(A Suivre)", entre 1975 et 1997 (lire ci-contre). Quelque trois cent cinquante originaux, signés par les plus grands auteurs de ces années-là, démontrent qu’il y eut véritablement un avant et un après.

Ce cœur de l’exposition fut monté à Landerneau, en Bretagne, fin 2013 . On retrouve la même scénographie, et le parcours parallèle : d’un côté celui de "Métal Hurlant", de 1975 à 1987, de l’autre celui de "(A Suivre)", de 1978 à 1997. Si besoin, on peut croiser les regards, passer de l’un à l’autre.

Le bédéphile averti tombera en pâmoison devant les œuvres exposées, certaines légendaires ou mythiques. A elles seules, la dizaine de planches/fresques monumentales de Philippe Druillet (extraites de "La Nuit", 1975, ou de "Salammbô", 1980) valent la visite. De même que les planches de "Arzach" (1975) d’un Moebius alors au sommet de son art. Ces deux-là donnaient à la science-fiction et à l’heroic fantasy leurs traits de noblesse graphique.

Des débutants fameux(...)