Livres - BD

LANGUE

Perfectionnement anglais

Assimil, 455 pp., env. 18,50 €. Coffret avec la méthode et 4 cassettes (ou 4 CD): 75 €

Depuis 1929, la méthode Assimil enseigne l'anglais à des millions de gens. Elle propose aujourd'hui à tous ceux dont la maîtrise de l'anglais et/ou de l'américain est bonne mais peut, de temps à autre, laisser à désirer de se perfectionner. Son programme de 63 leçons conçues par le linguiste Anthony Bulger - à qui l'on doit notamment les deux dernières éditions (1978 et 2002) de «L'anglais sans peine» chez le même éditeur - permet de se familiariser avec les subtilités de cette langue. Des textes denses et relativement longs, un vocabulaire sophistiqué et précis, un matériau audio vivant, mis en scène par des native speakers: tels sont les ingrédients d'une méthode unique en son genre qui dispense également des notions d'anglais des affaires, humoristique, des expressions et des vilains mots colorés, une familiarisation avec l'australien et l'irlandais... La posologie recommande un récit par jour assorti de notes explicatives et d'exercices. Ready?

ROMAN

Un silence brûlant

traduit de l'anglais (Australie) par Sabine Porte Ed. des 2 Terres, 192 pp., env. 18,50 €

Irène aime séduire, et les hommes le lui rendent bien. Elle s'est toujours sentie supérieure, cultivant des ambitions peu communes pour une épouse de fermier. La campagne australienne, les excès de son climat et l'éloignement pèsent sur elle comme une injustice. Elle a épousé Rex pour de mauvaises raisons et n'a plus que son mépris à lui offrir. Aimant, travailleur, celui-ci butte inexorablement contre l'indifférence d'Irène, et ne conçoit comme issue que la fuite dans le silence. «Si leur mutisme était lié à leur frugalité, il était également une précaution. À décrire leur monde, ils risquaient d'admettre l'inadmissible: la vie qu'ils menaient - labourer une terre desséchée sous un soleil exténuant - était intolérable.» Irène finira par renoncer à son rôle de mère et d'épouse pour suivre ses aspirations. Poète, journaliste, essayiste et romancière, Kate Jennings a publié «Un silence brûlant» en 1996. C'était son premier roman, traduit en français alors que le deuxième, «Hasard des maux», a été révélé au public francophone en 2004 (il vient de paraître en collection de poche chez Points Seuil). «Un silence brûlant» est surtout une écriture: épurée, économe et par là puissante. Chaque chapitre - parfois quelques lignes, rarement plus de quatre pages - porte un titre que l'on croirait échappé d'un recueil de poésie: «La maison est le premier et l'ultime poème», «Dans le secret de la terre, nul ne les sème», «Envoie la pluie sur mes racines». Un roman à savourer sans se presser, tant le travail sur la matière des mots est saisissant.

QUARTO

Ecrits autobiographiques. Le Docteur Jivago

Gallimard, coll. «Quarto», 1308 pp., , env. 23 €

Dirigé et préfacé par Hélène Henry, ce volume contient «Sauf-Conduit» (traduit par Michel Aucouturier), «Hommes et positions» (traduit par Jacqueline de Proyart) - d'entre 1930 et 1956, et autobiographiques - et «Le Docteur Jivago» (traduit par M. Aucouturier, Louis Martinez, J. de Proyart et Hélène Zamoyska), suivis du «Dossier de l'affaire Pasternak», traduit par Sophie Benech. Boris Pasternak, qui naquit à Moscou le 29 janvier 1890 (selon le calendrier julien), mourut à Peredelkino le 30 mai 1960. La revue «Novy Mir» ayant refusé la publication du «Docteur Jivago» en 1956, ce roman sortira d'abord en Italie, en novembre 1957, puis en français, chez Gallimard, dans la collection «Du Monde entier», au printemps 1958. Cette année-là, le 23 octobre, le prix Nobel couronnera l'écrivain, suscitant la fureur des Soviétiques. Traîné dans la boue par les instances officielles, Pasternak sera exclu de l'Union des écrivains dès le 28 octobre; le lendemain, par télégramme, le poète persécuté fit savoir qu'il renonce au Prix, hanté à l'idée d'être contraint à l'exil, ce qui - à ses yeux - serait une mesure «équivalente à la mort». Pasternak ne sera réintégré à l'Union des écrivains qu'à titre posthume, en 1987, et ce n'est qu'en 1988 que son roman paraîtra pour la première fois en URSS. De Pasternak, dans ledit «Docteur Jivago»: «De l'immense majorité d'entre nous, on exige une duplicité constante, érigée en système. On ne peut pas, sans nuire à sa santé, manifester jour après jour le contraire de ce qu'on ressent réellement, se faire crucifier pour ce qu'on n'aime pas, se réjouir de ce qui vous apporte le malheur». Un roman dont l'audience centupla grâce à son adaptation cinématographique par David Lean en 1965, avec Omar Sharif dans le rôle-titre et Julie Christie dans celui de Lara, prénom à jamais lié à la musique composée par Maurice Jarre.

© La Libre Belgique 2005