Livres - BD

NOUVELLES

Dans les replis nocturnes de mon coeur

Le Grand Miroir, 110 pp., env. 12 €

Françoise Lalande a réuni dix nouvelles sous un beau titre: on y trouve le mot «coeur» qui dit la tendresse de l'auteur, et les «replis nocturnes» où elle ronge sa rage devant les malheurs des uns et des autres. Le recueil se termine par la réédition de sa plaquette «Ils venaient du Nord», qui imaginait la solitude de Van Gogh et Rimbaud. Françoise Lalande est une voix de notre littérature, tour à tour rauque et douce, au gré de colères qui naissent de ses excès d'amour.

ROMAN

Première communion

Le Grand Miroir, 232 pp., env. 15 €

Ce premier roman d'une scénariste de formation, née en 1964, est issu d'une nouvelle primée par le concours «Fureur de Lire». Il a retenu l'attention des responsables du Grand Miroir re-né au sein des éditions Luc Pire, pour son caractère «savoureux, intelligent et accessible». De quoi s'agit-il? D'une petite fille dans une famille bruxelloise d'après mai 68 qui, comme dans toute enfance, dit Julie Guerlan, «entre deux sucreries», a ses trous au coeur: pourquoi sa souriante maman est-elle parfois aux bords des larmes? Quelles sont parfois ces étincelles sombres dans les yeux de son papa farceur? Pourquoi Dieu s'invite-t-Il dans les rêves d'une enfant dont la famille n'est pas croyante? Bref, comment une petite fille devient-elle adulte, avec des envies de mourir mais aussi d'un pudding au chocolat pour son quatre heures? Quelques longueurs n'occultent pas de réels bonheurs d'observation et d'écriture, ni ce regard décalé qui a valu à Julie Guerlan le prix Laurent de Graeve, proclamé à l'ouverture de la dernière Foire du livre au Centre culturel d'Uccle.

THÉÂTRE

Julien le fidèle

Gallimard, 148 pp., env. 14 €

On connaît Régis Debray pour ses nombreux essais littéraires et philosophiques; voici une pièce de théâtre. Du théâtre à texte, mais avec de nombreux changements de lieux et d'époques pour mieux rapprocher de nous ce Julien (331-363) que les chrétiens qualifièrent d'apostat parce qu'il voulait rétablir le culte des dieux qui avaient fait la grandeur de Rome. Debray le traite en «contemporain capital» au moment où notre Europe, comme l'Empire au IVe siècle, résiste à mourir, tandis qu'un avenir indiscernable tarde à s'installer. Une différence tout de même: l'avenir chrétien était la promesse d'une aube, tandis que notre avenir à nous ressemble à un tunnel bouché - à l'ancienne certitude d'un mieux fondé sur le progrès s'est substituée la crainte du pire. Que donnerait le traitement scénique de cette oeuvre insolite?

© La Libre Belgique 2005