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Redécouvrir la romancière Germaine Beaumont

A l'heure où reparaissent - en un volume présenté par Hélène Fau - trois romans de Germaine Beaumont (Germaine Battendier, née à Petit-Couronne le 31 octobre 1890, morte à Montfort-L'Amaury le 21 mars 1983) sous le titre «Des maisons, des mystères» (Omnibus, 832 pp., env. 25 €), Claire Paulhan s'en félicite: «Germaine Beaumont ne fut pas une de ces météoriques et dévouées jeunes amies de Colette, comme elle les collectionna tout au long de sa vie. Ne serait-ce qu'en raison des liens de complicité que sa scandaleuse mère avait entretenus avec l'auteur des Claudine: Annie de Pène, qui avait quitté mari et enfants pour mener une vie de femme de lettres à Paris, n'eut que le temps de confier sa fille à Colette, en 1918, avant de mourir bêtement de la grippe espagnole... (...) A partir de 1938, date à laquelle Plon la prend sous contrat - première femme à avoir obtenu le prix Renaudot en 1930, pour son premier roman, Piège, Germaine Beaumont est membre du jury du prix Femina depuis 1934 -, elle peut se permettre d'être plus romancière que journaliste. S'attachant à perpétuer la tradition du roman féminin anglais, elle construit des oeuvres pleines de suspense, proche des detective novels dont elle est friande. De vieilles demeures abandonnées qui recèlent des secrets de famille, des héroïnes inspirées par les garçonnes des années 1920, un climat obsédant de mystère, une touche de fantastique... Les trois romans de Germaine Beaumont, La Harpe irlandaise (1941), Les Clefs (1940), Agnès de rien (1943), réédités par Omnibus, prouvent de manière très séduisante sa maîtrise de l'intrigue et son sens du dialogue. Se défendant d'écrire pour son compte des romans policiers, elle fonde chez Plon en 1950 la collection Le Ruban noir, proposant des traductions de policiers étrangers écrits par des femmes.» Rappelons que le nom de Germaine Beaumont, femme de radio, reste attaché à la mythique émission Les Maîtres du mystère des années 50-60. En 1951, dans la fameuse collection de poche «Ecrivains de toujours» (au Seuil), G.B. publia un «Colette» . Enfin, Le Dilettante réédite «Si je devais...» (192 pp., env. 14,50 €), intitulé «Disques» en 1930 et qui obtint le prix Renée Vivien en... 1951.

«Le Monde», 3 février 2006.

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