Livres - BD

Bernard Frank a tiré sa révérence

Le vendredi 3 novembre, le romancier, essayiste et chroniqueur français Bernard Frank est mort inopinément dans un restaurant parisien. D'origine juive alsacienne, il était né à Neuilly-sur-Seine le 11 octobre 1929. Son premier livre, "Géographie universelle", parut en 1953. Romancier ("Les Rats"), c'est surtout en tant que chroniqueur (dans "Les Temps Modernes", "Le Matin de Paris", "Le Monde", et, depuis 25 ans, "Le Nouvel Observateur") qu'il s'était acquis un public de plusieurs milliers de lecteurs fidèles, chaque semaine. Au moment même de sa disparition, sortait de presse "Un vieil ami", de Henri-Hughes Lejeune, sous-titré "Une biographie de Bernard Frank suivie de la réponse de l'intéressé" (Robert Laffont, 356 pp., env. 21 €). Écrite quelques heures à peine avant la mort de son auteur, l'ultime chronique de Bernard Frank s'intitule "La main heureuse". Relevons-y ces lignes : "[...] Puisque nous en sommes à la gastronomie, signalons l'arrivée du Guide Lebey 2007 des restaurants de Paris, qui en est à sa vingtième année chez Albin Michel (15 euros). Quinze euros, ce n'est pas cher puisqu'il nous signale ou est censé nous signaler les 644 meilleures tables de la capitale, dont 72 nouvelles. Mon arrondissement (le 8e) en compterait plus de 90. En quinze ans d'habitation, j'ai dû en avoir connu 38. En admettant que je ne change pas de quartier, je me demande si ce qu'il me reste de vie me permettra de combler mes lacunes."

"Le Nouvel Observateur", n° 2192, 9-15 novembre 2006.

Hommage à Mstislav Rostropovitch

Interviewé par Christopher Gérard sur son roman "L'immortelle" (paru aux Editions de l'Age d'Homme, à Lausanne, couronné par un prix de l'Académie royale, et qu'avait salué Jacques Franck dans nos colonnes, le 25 février 2005), notre confrère Michel Rosten, journaliste à "La Libre Belgique" pendant plus de trente ans, évoque des personnalités qu'il a pu croiser : "L'homme qui m'a le plus impressionné reste Mstislav Rostropovitch, que la bonne fortune m'a permis de rencontrer longuement à trois reprises. En dehors de l'admiration, largement partagée, qu'impose ce violoncelliste exceptionnel, l'homme est d'une générosité sans pareille".

"Revue Générale" n° 11 (141e année), novembre 2006.