Livres - BD

Si l’infortunée Princesse de Galles a inspiré des essais par dizaines, elle n’a jusqu’à présent excité l’imagination que de rares romanciers : Laurence Cossé pour "Le 31 du mois d’août" en 2003 ou l’académicien Valéry Giscard d’Estaing en 2009 pour "La Princesse et le Président" qui fit jaser. A son tour, Monica Ali (née en 1967 à Dacca, dans l’ex-Pakistan oriental, mais qui vit en Angleterre depuis ses 3 ans), récompensée pour ses romans ("Sept mers et treize rivières", "En cuisine") et nouvelles ("Café Paraiso"), met en scène Diana dans "La véritable histoire de Lady L." (rappelons que "Lady L." est le titre d’un roman de Romain Gary de 1963, dont l’héroïne fut incarnée par Sophia Loren). Elle y campe l’ex-Lady Di avec empathie, justesse et sensibilité, modifiant radicalement le destin de la blonde naïade en maillot turquoise de la jaquette du livre En page de garde de "Untold Story" (publié en 2011 outre-Manche), Monica Ali précise que si des personnalités existantes apparaissent, "leurs actions et leurs conversations sont entièrement fictives". La trame du récit ? L’écrivaine part de l’idée qu’en 1997 la femme alors la plus photographiée du monde ne mourut point accidentellement, mais - à l’insu de (presque) tous - choisit de se refaire une vie au fin fond des Etats-Unis. Et la romancière, qui situe l’action en 2007, de nous démasquer une Lydia qui recourut à la chirurgie esthétique pour s’offrir un autre look et s’est fixée dans une ville d’à peine huit mille habitants où ni ses amies ni son amant ne peuvent imaginer quelle personnalité planétairement célèbre elle fut dix et des ans plus tôt. Jusqu’au jour où un ex-reporter-photographe croise le regard de Lydia - et tombe des nues Si on en tire un film, nous nous jurons de l’aller voir.

La véritable histoire de Lady L. Monica Ali traduit de l’anglais par Florence Bertrand Belfond 372 pp., env. 20 €