Livres - BD La rumeur dit que Jacqueline Chabridon a longtemps refusé les invitations à confession lancées par Laureline Dupont et Pauline de Saint-Rémy, prétextant qu'elle " n'était pas", comme " Valérie Trierweiler", de ces femmes qui s'épanchent. "Le contrat était clair : elle ne nous dévoilerait rien, se contenterait d'infirmer ou de confirmer nos informations, explique Laureline Dupont au magazine Grazia . Mais elle a un rapport ambigu à cette histoire : elle a à la fois envie, et pas envie de la raconter."

Finalement, c'est bien de sa romance avec un Jacques Chirac de 1975, alors Premier ministre, dont parle "Jacques et Jacqueline", livre de 200 pages déjà disponible. "On s'était imaginé une femme impressionnante, très élégante, très intello. Avec sa voix fluette, sa petite taille, elle est en fait très simple, au sens noble du terme", commente Pauline de Saint-Rémy. Jacqueline Chabridon est, à l'époque, journaliste au Figaro et proche de certains mouvements communistes. Originaire d'une famille modeste auvergnate, suivant le Premier lors de ses déplacements, elle est un jour sommée de rédiger un portrait sur Jacques Chirac afin de redorer son image. Ils se plairont tout de suite.

Chirac est connu pour son amour invétéré des belles femmes, mais dans cette histoire, il aurait été différent. Cette fois, leur romance implique un appartement parisien, "une garçonnière rue de Marignan", où l'homme abrite également une importante collection de ses ouvrages les plus précieux. Ce qui est fou, selon les auteurs, c'est que les deux semblaient s'aimer par "reconnaissance", au point que Chirac organise un voyage de presse aux Antilles... rien que pour la côtoyer.

Une histoire qui ne sera pas du goût de tous. Jacqueline Chabridon s'attirera les foudres de ses collègues à cause de traitements de faveur péniblement dissimulés: de sièges privilégiés dans l'avion présidentiel aux chambres deluxe des palaces de New Delhi. Dans les hautes sphères de l'Etat français, tout le monde ne parle que de cette romance. Comment un homme politique aussi brillant pourrait-il tout abandonner? En 1976, un article révélateur, préparé par un journaliste du "Nouvel observateur", est finalement annulé. C'est là que Bernadette Chirac monte au créneau, soupçonnant longtemps Simone Veil, avant d'éloigner Jacqueline de la vie de son mari, sans toutefois divorcer, auquel cas, elle aurait pu dire adieu à une quelconque ambition politique.

Jacqueline Chabridon a aujourd'hui 75 ans. Les écrivains la disent "heureuse" et en paix avec cette histoire.

Jacques et Jacqueline, un homme et une femme face à la raison d’État, de Laureline Dupont et Pauline de Saint-Rémy, éd. Robert Laffont, 200 p., 17,90 €.

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