Livres - BD

On dit volontiers des illustrateurs qu’ils ressemblent à leurs personnages. Rébecca Dautremer n’échappe pas à la règle et adopte l’élégant profil de ses "Princesses oubliées ou inconnues " Celles-ci lui ont ouvert les portes de la célébrité en littérature jeunesse où elle est devenue chef de file d’une nouvelle école. Son trait élégant, élancé et racé, se reconnaît aisément. Passionnée des clairs-obscurs, des perspectives, des yeux en amande et d’un raffinement démesuré, la belle, née à Gap en 1971, vient de se frotter à l’animation grâce à "Kérity, la maison des contes". Et ce, après avoir publié de nombreux albums chez Hachette, Magnard et Gautier-Languereau, dont "L’amoureux", couronné par le prix Sorcières en 2004 ou encore l’intéressant conte musical "Swing café" publié chez Didier jeunesse en 2009, écrit par notre compatriote Carl Norac et raconté par Jeanne Balibar.

Comment s’est déroulée la réalisation de “Kérity, la maison des contes” ?

La démarche est née d’un producteur qui voulait utiliser l’univers graphique d’un illustrateur. Il m’a d’abord parlé d’un court-métrage, ce qui m’a rassuré. S’il avait tout de suite été question d’un long-métrage, je n’aurais peut-être pas osé me lancer dans l’aventure. J’ai dû comprendre la technique de l’animation. Je travaille à la main et à la gouache sur du papier. Il a fallu transcrire puis transmettre ma façon de travailler aux équipes de décorateurs. J’ai passé beaucoup de temps à essayer de définir ma manière de dessiner un trait ou à donner toutes les intentions lumineuses. Après, j’ai porté un autre regard sur mon travail.

Votre album “Princesses oubliées ou inconnues…”, écrit par Philippe Lechermeier, a connu un immense succès commercial…

Il y a, en effet, eu beaucoup de produits dérivés. Ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus mais cela aide à se faire connaître. Au départ, les princesses, ce n’était pas trop mon truc mais l’auteur avait des idées intéressantes. On a beaucoup parlé entre nous. Je lui ai proposé des princesses siamoises, à barbe On est sortis de la galerie de portraits traditionnels.

Il paraît que vous préparez un “Alice au pays des merveilles”. Un beau projet pour une illustratrice…

Je m’en réjouis, en effet. Je vais partir de la traduction la plus intéressante et j’aime l’irréalisme des contes, les personnages loufoques, lapins ou poissons, de Lewis Caroll. Il y a là une matière énorme.

Kérity, la maison des contes Annick Le Ray et Rébecca Dautremer Le Père Castor Flammarion 24 pp., env. 8,90 €