L’entretien avec Sophie Buyse

C.P. Publié le - Mis à jour le

Livres - BD

Après trois romans centrés sur le rapport entre l’humain et l’art, la psychologue, sexologue et écrivain Sophie Buyse publie "Confidences de l’Olivier", un roman foisonnant mêlant science et poésie en portant un regard émerveillé sur la nature. En suivant les tribulations de scientifiques recherchant les causes de la stérilité croissante de l’homme, Sophie Buyse livre un hymne à la vie.

L’homme a-t-il oublié qu’il est un animal ?

L’homme est un fléau pour lui-même et pour la nature. Il s’en est éloigné, oubliant qu’il forme, avec les végétaux et les animaux, un tout. Il maltraite même la nature. "Confidences de l’Olivier" est un livre engagé même s’il donne la parole à des scientifiques marginaux.

Vous mêlez fiction et réalité.

Tout est absolument vrai concernant la nature. Cette fiction naturaliste contient aussi le récit chamanique des passations et des initiations qui sont tout à fait réelles. On ne se rend pas compte à quel point les féeries de la nature sont extraordinaires. Il y a un génie. Ce que l’humain pourrait générer grâce à son imagination, bien souvent, cela existe déjà dans la nature et c’est la réalité.

Votre roman est-il un hymne à la vie ?

Tout à fait. Notre société de l’image nous coupe du face à face. On peut regarder un reportage animalier mais cela nous semble très éloigné. On ne rendra jamais avec la photo ou l’image la même émotion des peuples qui ont gardé un vrai dialogue intime avec la nature. Dans leurs sociétés, il n’y a pas de supériorité. Dans les pays industrialisés, nous dominons nos animaux, c’est dénaturé. Ce livre appelle les gens à sortir de chez eux pour retrouver les origines, une curiosité naturellement présente chez l’enfant.

Pourquoi cet intérêt pour la reproduction ?

Je me suis toujours intéressée à la sexualité, à la mort, à la folie, des thèmes où l’on atteint le noyau du questionnement de la vie. Après avoir étudié la sexualité humaine je me suis rendue compte qu’elle était bien plus pauvre que celle des animaux et des végétaux. J’ai souhaité restituer cette extraordinaire créativité pour montrer que l’homme, l’animal et le végétal sont liés.

C.P.

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