Livres - BD L’historien Robert Muchembled n’hésite pas à parler de ce qui pue en société. Il énonce que c’est la maîtrise des affects (et des odeurs) qui permet la gestion des relations sociales. Attention, quand ça pue, l’humain devient violent.

1. L’odorat, sens qui réglemente la société

Vous dites que l’odorat est le sens le plus manipulable. Que voulez-vous dire ?

L’odorat est un sens automatique. La réception d’une odeur est codée soit "plus", soit "moins". Non pas, "ça sent bon" ou "ça sent mauvais", mais "C’est dangereux tu vas en mourir" ou "C’est bon, tu peux manger, tu peux approcher la femme".

L’odorat est un sens de survie, alors.

Oui. C’est le sens qui permet de repérer les poisons, qui permet de repérer une partenaire sexuelle potentielle. Certains scientifiques disent que l’odorat appartient au cerveau reptilien. On ne peut pas commander à l’odorat. En revanche, une odeur peut se rappeler à vous : elle peut entrer dans votre nez comme la fameuse madeleine de Proust, et vous donner, au choix, un grand moment de bonheur, ou une grande angoisse.

L’odorat est donc un sens primitif, et toutes les sociétés vont le "coder" culturellement.

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