Livres - BD

Fouad Laroui publie son nouveau roman. "L'Insoumise de la Porte de Flandre" se déroule à Bruxelles. Portrait d'une femme en quête de liberté.

Dans "L’insoumise de la Porte de Flandre", Fouad Laroui dresse le portrait d’une jeune femme voilée de Molenbeek, qui passe de la pression sociale de sa communauté à un sex-shop du centre-ville. C’est le dix-septième roman de cet économiste et écrivain néerlandais, né à Oujda, dans le Rif marocain en 1958. Formé en France, enseignant à Amsterdam, Laroui a aussi vécu à Bruxelles où il a travaillé brièvement à la Commission européenne lors des années Delors. Il a obtenu plusieurs prix, dont le Goncourt de la nouvelle pour "L’étrange Affaire du pantalon de Dassoukine" en 2012.

Fouad Laroui, pourquoi avez-vous choisi Molenbeek comme cadre de votre nouveau roman ?

Je l’ai choisi avant les événements de mars 2016. Il y a deux ou trois ans, j’ai fait deux résidences d’auteur à Passa Porta, dans un bel appartement rue du Vieux Marché aux Grains. Je suis allé tous les jours à Molenbeek. En m’y promenant, je voyais des rues qui ressemblent à Tanger ou à Casablanca, avec beaucoup de jeunes hommes debout, à ne rien faire, qui fument. Des gamins qui jouent au ballon quand il n’y a pas de classe. Des femmes voilées qui marchent les yeux baissés. Des boucheries islamiques. Je me suis dit : est-ce que ces gens-là ont conscience qu’ils habitent en Belgique ? Molenbeek est un laboratoire d’expérimentation où on voit deux cultures qui vivent l’une à côté de l’autre. J’avais déjà commencé à écrire le livre quand les événements se sont produits à Paris en novembre 2015.