Livres - BD

Ce jeudi, la Foire du livre installée sur le site de Tour&Taxis à Bruxelles ouvre grand ses portes aux amoureux de la lecture. Comme chaque année, plus de 70 000 visiteurs sont attendus, un succès indéniable qu’Hervé Gérard, président du conseil d’administration de la Foire, a souligné lors de la cérémonie inaugurale, hier soir. "Nous en sommes à la 45e édition alors que le Salon du livre de Paris a douze ans de moins que nous et accueille 160 000 visiteurs, par rapport au nombre d’habitants, nous faisons mieux !" En ces temps perturbés, "la Foire restera toujours un lieu de tolérance où toutes les opinions peuvent s’exprimer", a-t-il ajouté. Ana Garcia, commissaire générale de la Foire du livre, n’a pas manqué de remercier tous les acteurs de la chaîne de livre, sans qui cette fête de la lecture n’existerait pas. Plus d’un millier d’auteurs vont participer à des séances de dédicaces, des rencontres et des débats durant ces cinq jours, dont 45 écrivains québécois, mis à l’honneur cette année.

Deux représentantes du gouvernement, Joëlle Milquet, ministre de la Culture, et Fadila Laanan, ont annoncé augmenter leur soutien financier à la Foire du livre, un miracle en cette période de disette dans le secteur de la culture. Joëlle Milquet, qui présentera à la fin de la semaine son "Plan Lecture" pour favoriser la lecture à l’école, a expliqué que le livre est "un bonheur humain" essentiel.

Le pouvoir de la littérature

C’est ensuite un digne représentant de la délégation québécoise qui a pris la parole. Drôle, intelligent et surprenant, Dany Laferrière, né à Haïti en 1953, élu à l’Académie française en 2013, est l’auteur de nombreux romans et essais et du récent "L’Art presque perdu de ne rien faire" (Grasset). Ses propos, empreints d’humanité, n’ont cessé de souligner l’importance de l’ouverture à l’autre et de la tolérance, sans insistance. "Devant notre maison à Petit Gouave à Haïti, ma grand-mère offrait des tasses de café aux passants. C’est l’acte le plus civilisé que je connaisse ", racontait-il. Le livre, à ses yeux, est un formidable lien entre les êtres, " comme une carte au trésor coupée en deux ". " C’est normal d’avoir envie d’écrire ses pensées, ce qui est anormal, c’est que quelqu’un de tout à fait différent de vous ait envie de lire, c’est formidable !", et de souligner le pouvoir de la littérature : " Quand je lis Simenon, je prends une couverture comme s’il pleuvait dans ma chambre " et avec " Les liaisons dangereuses" , "j’ai eu ma plus grande émotion littéraire, un orgasme" .


Bruxelles, site de Tour&Taxis, jusqu’au 2 mars, de 10h à 19h. Nocturne vendredi jusqu’à 22h30. De 5 à 9 €. www.flb.be