Livres - BD

Pousser la porte de la Foire du livre, c’est entrer dans un autre monde. A commencer par celui de Thomas Lavachery, de ses Vikings, de ses Indiens ou de ses chimpanzés. Un monde imaginaire d’un des auteurs phares de notre littérature jeunesse dans lequel les animaux deviennent des personnages, les livres des récits initiatiques et les albums, des fables philosophiques. Un monde à découvrir à l’entrée de la Foire grâce à l’exposition "Sur les traces de Thomas Lavachery". Montée au Wolf, la maison de la littérature jeunesse, voici deux ans, elle arrive à la Foire plus étoffée. Aux cinq originaux de cinq livres de Thomas Lavachery se sont ajoutés des sculptures en papier mâché réalisées par Marcelle Lavachery, la mère de Thomas, artiste également. Ainsi que les carnets de notes et croquis de l’auteur. Lorsqu’on le visite, l’accrochage s’achève à peine et ce ne fut pas une mince affaire. Le tapis rouge au sol est protégé d’un film plastique jusqu’à l’ouverture officielle. La fièvre monte. Dans les allées de Tour&Taxis, tout le monde s’affaire.

Une maison pleine d’animaux

Assis sur le banc central où trônent ses livres, l’artiste nous attend. Accrochés aux cimaises, les originaux de "Bjorn le Morphir", son best-seller, une heroic fantasy en huit tomes vendus à près de 150 000 exemplaires. Mais aussi d’"Itatinémaux" - nom choisi par sa sœur coréenne pour décrire les animaux - un roman autobiographiques pour adultes qui raconte sa maison d’enfance. Chiens, chats, furet, hamster, ouistiti, axolotl ou petits serpents y vivaient en maîtres.

Petit-fils de l’archéologue belge Henri Lavachery, ancien conservateur en chef des musées royaux d’art et d’histoire et membre de l’expédition sur l’Ile de Pâques en 1934-1935 - que Thomas Lavachery raconta dans un documentaire -, l’auteur a grandi dans un environnement ouvert aux mondes lointains. Voilà sans doute pourquoi son imagination semble ne pas connaître de limite.

Arrivé à la littérature par la bande dessinée, Thomas Lavachery s’est ensuite consacré à l’écriture de romans puis à celle d’albums. Mais, comme en témoigne l’exposition, la passion du dessin ne l’a jamais quitté. Lorsqu’il parle d’une maison ou d’un château, il les dessine avant de les décrire. Idem pour l’enfer dans lequel Bjorn le Morphir doit descendre. Et il faudrait sans doute des heures pour observer au plus près cette carte foisonnante.

Les carnets de l’artiste

Découvrir les étapes de l’écriture d’un livre relève toujours un peu du miracle. En dévoilant ses carnets, Thomas Lavachery nous ouvre son univers. "Je travaille toujours sur des petits Moleskine. Je dessine et écris déjà quelques notes. Puis, quand je passe à l’étape suivante, je prends des Moleskine de la taille supérieure, plus proche de celle de l’album. Je dessine au feutre, parfois très fin. J’en ai un très ancien, un 005, qui est tellement usé qu’il est encore plus fin. Pour les couleurs, il m’arrive de peindre à l’aquarelle mais je voulais également rendre hommage à mon coloriste, Denis Roussel, qui fait un formidable travail à l’ordinateur." Le génial "Jojo de la jungle" se devait lui aussi d’avoir une place de choix dans cette exposition. A travers ce singe peu ordinaire, fumant la pipe avec prestance, Thomas Lavachery conte une histoire humoristique et subversive. Les dessins de ce Jojo de la jungle, un album novateur plus apprécié, pour l’heure, par les libraires, bibliothécaires, éditeurs et journalistes que par le grand public, dotent déjà ce drôle de héros d’une grande personnalité. A l’image de l’œuvre de l’auteur.


Thomas Lavachery rencontrera le public le 13 mars à 11 et 13h à l’Espace Expo Lavachery et dédicacera le 10 mars de 14 à 15h et de 19 à 21h, le 12 mars de 15 à 18h.

© IPM