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Le nom du romancier français Jean-Marie Gustave Le Clézio circule avec insistance dans les cercles littéraires suédois pour décrocher le Nobel de littérature, mais tout le monde reconnaît qu'il s'agit de supputations hasardeuses. "Cette fois, je pense que ce pourrait être Le Clézio. C'est mon intuition", lance Maria Schottenius, responsable des pages culturelles du plus important journal suédois Dagens Nyheter, tout en avançant comme autres possibilités la romancière allemande d'origine roumaine Herta Müller ou le poète sud-coréen Ko Un.

Le Nobel de littérature sera annoncé le 9 octobre, a indiqué vendredi l'Académie suédoise, qui décerne le prix.

La spécialiste du livre à la radio suédoise, Kerstin Lundberg, voit aussi en Le Clézio un favori. "Je trouve qu'il y a si longtemps que la France n'a pas eu le prix et qu'il a beaucoup des qualités qui peuvent séduire l'Académie suédoise".

En soulignant que la recherche du lauréat tient de la charade, elle croit aussi dans les chances de la romancière algérienne d'expression française Assia Djebar ou du Néerlandais Cees Nooteboom. "On ne peut jamais savoir qui ils vont choisir. Chaque année, on essaye de deviner et presque à chaque fois on se trompe", se moque pour sa part Eva Gedin, l'une des responsables de la maison d'édition suédoise Norstedts.

Elle se refuse du reste à se prêter au jeu des pronostics mais aimerait que ce soit à nouveau une femme qui remporte le prix après la romancière britannique Doris Lessing, couronnée l'année dernière. "Il n'y a aucune fuite et le secret est bien gardé", dit un responsable de l'édition qui a requis l'anonymat. Mais ce dernier pense aussi que Le Clézio fait figure de favori. "Les statuts du Nobel parlent de récompenser une oeuvre avec des idéaux et les livres de Le Clézio sont pleins d'humanité. Il est à cheval sur plusieurs cultures, l'Amérique latine, l'Afrique, l'Europe. Tout cela plait beaucoup à l'Académie", explique-t-il. L'Académie ne publie aucune liste des écrivains sélectionnés et les délibérations sont secrètes pendant 50 ans.

Pour tenter de percer le mystère, certains attaquent le problème sous différents angles. Quel genre littéraire aurait été ignoré depuis longtemps, quel continent, quel pays, quelle langue? "Entre journalistes, on se dit depuis un ou deux ans que ce devrait être un poète car cela fait longtemps qu'on n'en a pas eu", indique Mme Lundberg.

Et de citer des noms qui reviennent régulièrement: Adonis, le poète syrien pseudonyme d'Ali Ahmad Saïd, l'Australien Les Murray, l'Américan John Ashbery.

Les continents négligés ces dernières années, l'Afrique et l'Amérique du sud. Alors ce pourrait être le tour du Mexicain Carlos Fuentes ou du Péruvien Mario Vargas Llosa. Mme Schottenius ne pense pas qu'un "favori" gagnera cette année. Dans cette vaste catégorie, on compte des écrivains qui ont des gros tirages à travers le monde et qui sont évoqués bon an mal an: les Américains Philip Roth ou Joyce Carol Oates, le Japonais Haruki Murakami, l'Italien Antonio Tabucchi.

D'autres prix littéraires, comme le Prince des Asturies ou le prix Kafka, peuvent mettre sur la piste, certains lauréats ayant reçu peu après le Nobel. Alors il ne faut pas écarter l'Israélien Amos Oz, la Canadienne Margaret Atwood ou encore le Tchèque Arnost Lustig et le poète français Yves Bonnefoy.

Comme l'année dernière, le site de paris en ligne Ladbrokes donne l'essayiste italien Claudio Magris comme super-favori à 3 contre 1, devant Adonis, Oz et Oates pour recevoir le prix de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d'euros).