Livres - BD

Marc Filipson est un libraire qui déborde d’imagination. A tel point qu’on peut se demander comment l’idée d’attribuer son propre prix littéraire ne s’est pas concrétisée plus tôt. “L’idée germait depuis longtemps, mais jamais auparavant tout ne s’est mis en place comme c’est le cas à présent”, confie-t-il. Le livre que récompense cette nouvelle distinction, c’est la parution, à la rentrée littéraire, jugée la plus fédératrice, “le livre qui plaira à tout le monde, qui s’adresse à tous les publics. Le “page turner” francophone de la rentrée”, indique Marc Filipson. Et cette sortie, la librairie la gratifie, grâce à un solide partenariat avec ING, qui se veut “la banque qui soutient l’art à la portée de tous”, d’un chèque de 5 000  €. Les autres partenaires structurels de Filigranes contribuent à l’opération en offrant voyage, vins, lunettes, etc au lauréat.

“Un formidable encouragement”

Lauréat qui, pour cette première édition, est une lauréate. Adélaïde de Clermont-Tonnerre voit ainsi son roman “Le dernier des nôtres”, édité chez Grasset extrait de la nuée de livres qui seront proposés au cours de la rentrée littéraire 2016, dont ce 17 août marque le début.

“Recevoir le tout premier prix Filigranes est un grand honneur”, a réagi Adélaïde de Clermont-Tonnerre, contactée par “La Libre”. D’abord parce que c’est un prix qui vient d’être créé, et que j’espère être la première d’une longue et belle liste de lauréats. Ensuite parce que tous les auteurs qui me parlent de Marc Filipson avec admiration me disent qu’il a le nez et le talent pour faire les best-sellers et c’est forcément tout le mal que je souhaite au “Dernier des nôtres” ! Recevoir ce prix est un formidable encouragement et je me dis que mes personnages, qui m’ont accompagnée si longtemps et qui comptent tant pour moi partent “vivre leur vie”, ont plus de chances d’être bien accueillis par les lecteurs.”

Un passé opaque

Pour “La Libre”, Adélaïde de Clermont-Tonnerre présente ceux-ci : “Werner Zilch, adopté par une famille middleclass américaine, n’a aucune idée de ses origines. Dans le New York effervescent de la fin des années 1960, de Bob Dylan, Patti Smith, Andy Warhol et la Factory, ce que veut ce jeune loup, c’est se faire un nom. Rebecca est une jeune artiste, enfant gâtée et fille de l’un des hommes les plus puissants des Etats-Unis. La passion est immédiate. Flash back à Dresde, en 1945. Les Américains, préparant la Guerre froide qui s’annonce, exfiltrent une centaine de savants, l’équipe du professeur von Braun, l’inventeur des V2, premiers missiles de l’histoire. Werner, encore nourrisson, se retrouve embarqué vers le Texas par les savants. Retour au New-York de 1970. Werner et Rebecca sont fous l’un de l’autre. Ils filent le parfait amour et parlent déjà d’avenir jusqu’au jour où Werner, lors d’un dîner, est présenté à la mère de Rebecca, Judith, qui s’effondre en le voyant. Qui Judith a-t-elle reconnu dans le visage taillé à la serpe et les yeux presque gris de Werner ? Quels souvenirs terrifiants cache-t-elle ? C’est ce que Werner va devoir découvrir, parce qu’à la suite de ce dîner, Rebecca disparaît sans explications.”

“Le denier des nôtres”, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Grasset, 496 p. env. 22€

Les livres retenus pour le Prix Filigranes 2016: Repose-toi sur moi/Serge Joncour/Flammarion; Ecoutez nos défaites/Laurent Gaudé/Actes Sud; L’archipel d’une autre vie/Andreï Makine/Seuil; Continuer/Laurent Mauvignier/Minuit Le dernier des nôtres/Adélaïde de Clermont-Tonnerre; Le règne animal/Jean-Baptiste Del Amo/Gallimard; Le grand jeu/Céline Minard/Rivages; Crue/Philippe Forrest/Gallimard; L’absente/Lionel Duroy/Julliard; Un paquebot dans les arbres/Valentine Goby/Actes Sud; L’insouciance/Karine Tuil/Gallimard; Petit pays/Gaël Faye/Grasset; L’administrateur provisoire/Alexandre Seurat/Rouergue; Le bal mécanique/Yannick Grannec/Anne Carrière.