Livres - BD

Le prix du livre européen 2018 a été remis mercredi soir à Bruxelles à deux journalistes, Géraldine Schwarz (catégorie romans) et Paul Lendvai (essais), qui abordent tous deux la montée des populismes en Europe, ont annoncé les organisateurs. Il s'agit de la douzième édition de ce prix créé en 2007 par l'association "Esprit d'Europe" avec le soutien de Jacques Delors, un ancien président de la Commission européenne.

Son objectif, selon ses promoteurs, est de récompenser chaque année, après une sélection en deux étapes, un roman et un essai offrant "une approche originale" de l'Union européenne.

Dans la catégorie "essais", le prix 2018 est décerné au journaliste autrichien d'origine hongroise Paul Lendvai pour "Orban, Europe's new Strongman", un ouvrage consacré à l'ascension du Premier ministre hongrois Viktor Orban devenu un des héros du camp eurosceptique et anti-immigration.

Le jury, composé principalement de journalistes issus de différents pays de l'UE, était présidé cette année par le metteur en scène polonais Krzyzstof Warlikowski.

Dans le passé, le prix du livre européen a déjà récompensé des auteurs comme l'Italien Erri De Luca, l'Espagnol Javier Cercas ou le Belge David Van Reybrouck, lauréat en 2017 dans la catégorie romans pour "Zinc".

Dans cette catégorie, c'est la journaliste et auteure franco-allemande Géraldine Schwarz qui lui succède au palmarès, pour "Les Amnésiques" (éditions Flammarion).

Ce récit évoque l'Allemagne nazie à travers l'histoire de sa famille, notamment celle de son grand-père paternel qui fut membre du parti hitlérien NSDAP et chef d'une entreprise rachetée à des Juifs, et qu'elle dépeint en homme ayant servi le IIIème Reich par "conformisme et opportunisme".

Le message principal, a expliqué l'auteure à l'AFP, est de montrer l'importance du travail de mémoire pour lutter contre la résurgence des populismes.

"Ce travail de mémoire donne des armes pour responsabiliser les citoyens (...), forger le sens critique face à des techniques de manipulation qui aujourd'hui ressemblent à s'y méprendre à celles d'il y a un siècle", a-t-elle souligné. "Les mécanismes sociaux et psychologiques qui font basculer un individu ou une société dans l'irrationnel, l'arbitraire, parfois le crime, se répètent. Il faut rappeler ces mécanismes là".