Livres - BD

On peut être à la fois passionné de littérature et passionné d'Internet. Trois Belges Sophie Cornet, Gaëlle Ruquois et Sylviane Demoulin en ont définitivement apporté la preuve il y a quelques mois lorsqu'elles ont mis sur pied «Critiques Libres», un site Web où chacun est libre de parler des livres qui lui ont plu ou déplu.

«Au départ, nous sommes simplement trois filles qui adorent les livres et qui nous sommes dit que ce serait chouette de créer un site», explique Sylviane Demoulin. «C'est vrai qu'aujourd'hui, il existe beaucoup de sites Internet où l'on peut acheter des livres mais ils donnent très peu d'informations et surtout, il leur manque l'ambiance d'une vraie librairie. Ce que nous voulons, c'est créer une communauté de gens qui aiment lire».

Le principe de «Critiques Libres» est simple. Il suffit de s'inscrire lors de la première visite pour pouvoir à tout moment introduire de nouvelles critiques sur des ouvrages de son choix ou réagir aux critiques faites par d'autres. «Nous avons commencé avec une base de 25 critiqueurs, dont nous-mêmes évidemment, et notre objectif est d'atteindre la centaine d'inscrits d'ici la fin de l'année», raconte Sylviane Demoulin. «Pour l'instant, nous sommes une cinquantaine: il s'agit en majorité de femmes, mais les hommes sont les plus assidus».

CONSEILS ET COMPARAISONS

«Critiques Libres» n'est pas pour autant une asbl: il s'agit bel et bien d'une société commerciale, dont les revenus doivent provenir des bannières publicitaires bien sûr mais aussi des partenariats avec cinq librairies virtuelles. Point intéressant: le site permet de comparer très facilement les prix pratiqués par ces cinq partenaires.

«Lorsqu'on est littéraire, ce n'est pas forcément évident de devenir gestionnaire d'entreprise», dit la jeune femme, qui a fait des études en communication. «Mais je dois dire que je trouve ça plutôt amusant. Le principal inconvénient est que j'ai moins de temps pour lire: pour l'instant, je n'en suis plus qu'à deux livres par semaine».

Il est vrai que le lien entre critique et vente de livre semble évident. «Nous voudrions attirer les gens qui ne lisent pas mais qui recherchent un bon conseil pour offrir un cadeau par exemple», précise Sylviane Demoulin. «On pourrait comparer cela au conseil du libraire, mais en moins intéressé. Notre but est d'être objectif: nous osons dire quand un livre n'est pas bon».

Les critiques des internautes ont-elles pour autant la même valeur que celles des critiques professionnels? Un débat organisé par les fondatrices de «Critiques Libres» tentera de répondre à cette question dimanche à 18 heures à la Foire du Livre.

© La Libre Belgique 2001