Livres - BD

Quand le Femina, en novembre 2011, couronna son "Jayne Mansfield 1967", paru chez Grasset et maintenant disponible en collection de poche chez J’ai Lu, Simon Liberati avait déjà publié chez Flammarion trois romans remarqués par la critique : "Anthologie des apparitions", "nada exist" et "L’hyper Justine" - qui obtint le prix de Flore en 2009. En cette aube de l’an, ce dandy, né à Paris le 12 mai 1960, ne nous livre pas une cinquième fiction mais un impressionnant recueil de mélanges qui reflète une époustouflante culture et une rare élégance d’écriture. Quel bonheur de lire des pages non pondues à la va-comme-j’te-pousse, de s’étourdir au sein d’un tel champ de fleurs (du Mal) ! Titre rébarbatif, pourtant : "113 études de littérature romantique" n’est guère de ceux qui aimantent l’attention. Qu’importe ! Simon Liberati, qui avoue ne (presque) pas lire de livres contemporains, précise qu’en tant que lecteur, il préfère "l’étude de détail, la sonde, à la synthèse"; un "parti conforme" à son "côté antiquaire" et à son "défaut de géométrie". A travers des textes ciselés qu’un Mandiargues eût porté aux nues, Liberati esquisse un autoportrait, tant l’on est enclin à prendre pour vrai l’adage "dis-moi qui tu lis, je te dirai qui tu es". Son érudition nous la fait comparer à celle, par exemple, d’un Alain Fleischer, l’un et l’autre s’affichant d’ailleurs admirateurs du sulfureux Pierre Klossowski.

Un livre à déguster à lentes gorgées, qui invite à (re)découvrir des auteurs sur lesquels l’éclectique Simon Liberati pose un vif regard, qu’il s’agisse de Suetone ou de Virgile, de Marcel Schwob ou de Paul Léautaud, de James Joyce ou de Paul Morand. Ou de Chateaubriand, bien sûr. Pour éclairer le lecteur, on trouve un "index des personnes, personnages, figures, marques, lieux, œuvres et périodiques cités" de quelque 45 pages.

Les happy few seront aux anges.

113 études de littérature romantique Simon Liberati Flammarion 520 pp., env. 23 €