Livres - BD

Au Rouge-Cloître, première grande exposition consacrée à l'auteur illustrateur belge depuis son décès, il y a cinq ans. Un vibrant hommage au héraut de la littérature jeunesse, dont le loup emblématique n'a pas pris une griffe.

Une photo noir et blanc. Immense. A l’image de son talent. Et du vide qu’il a laissé derrière lui. Trônant au centre de l’exposition, souriante et prospective, elle reflète la personnalité de Mario Ramos dont l’humour a fait rire tant d’enfants. Il avait aussi sa part d’ombre et de désespoir, sous-jacente dans ses livres et dans sa vision du monde. Né à Bruxelles le 7 novembre 1958, d’une mère belge et d’un père portugais, il nous a quittés brutalement le 16 décembre 2012 à l’âge de 54 ans. Il était incontestablement, à l’image de son loup facétieux, le plus fort, le plus illustre auteur illustrateur belge de livres pour enfants. Et ce n’est pas un hasard si l’article consacré à sa disparition fut ce jour-là le plus consulté sur le site de la RTBF. Sans parler des hommages que lui rendirent les grands titres de la presse, belge, française, suisse, etc. Car tout le monde ou presque le connaissait. Et sera heureux de le retrouver à travers l’exposition que lui consacre le Centre d’Art de Rouge-Cloître, en collaboration avec le Centre de littérature jeunesse de la Ville de Bruxelles.

Cinq ans après

Mais pourquoi seulement maintenant ? pourrait-on se demander. Entre autres parce qu’il aura fallu attendre que son épouse, Andréa Nève, et sa fille, Tania Ramos, trouvent le courage de retourner dans son atelier pour rassembler les originaux de leur collection. Cinq ans, c’est long et court à la fois, mais suffisant pour réaliser que les livres, les illustrations, les croquis de Mario Ramos - qui fera son entrée dans la Nouvelle Biographie nationale de l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique - n’ont pas pris une ride et traverseront l’épreuve du temps.

Alternant les originaux et les reproductions lorsque les premiers sont trop petits, l’exposition classe les œuvres par album et s’adresse plutôt aux enfants au rez-de-chaussée et aux adultes à l’étage, avec ces dessins d’humour qui en disent long sur son point de vue. On y verra aussi la projection d’un documentaire édifiant où il raconte sa démarche.


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