Livres - BD

A peine vient-il de publier, voici moins de six mois, "1944-1945 : le triomphe de la liberté" - cinquième et dernier tome de "Une histoire de la Deuxième Guerre mondiale" (XO Editions, 416 pp., env. 22,95 €) - que Max Gallo nous livre son autobiographie. Franche et pudique, elle emprunte son titre à une phrase d’un moine de l’abbaye de Saint-Denis, Rigord, écrite à l’aube du XIIIe siècle : "Ne meurent et ne vont en enfer que ceux dont on ne se souvient plus. L’oubli est la ruse du diable."

Conté avec la fluidité coutumière de cet auteur aux (déjà) plus de cent livres : essais, romans, biographies (dont rien que le "Napoléon", en quatre volumes, en 1997, s’est vendu en français à un million d’exemplaires et a été traduit dans le monde entier), c’est le survol d’une existence romanesque, le miroir d’une ascension sociale. Fils d’un immigré italien venu s’installer à Nice, Max Gallo, par la force de la volonté, ajoutera, en effet, à un modeste certificat d’aptitude professionnelle de mécanicien-ajusteur les diplômes d’agrégé d’histoire et de docteur ès-lettres qui l’amèneront à l’enseignement.

Séduit d’abord par l’extrême gauche, il évoluera; député socialiste, il sera de 1983 à 1984, sous François Mitterrand, secrétaire d’Etat porte-parole du gouvernement de Pierre Mauroy. Gallo a maintenant abandonné la politique pour ne se consacrer qu’à son œuvre. Ce pour quoi, en 2007, préféré à Jean Raspail, il sera élu à l’Académie française, au fauteuil de Jean-François Revel. Un livre attachant, qui montre les sincérités successives, surprenantes parfois, d’un passionné qui n’a cessé de chercher ses vérités.

Livre, aussi, où cet homme meurtri évoque le suicide de sa fille Mathilde en 1972 : il avait 40 ans; elle allait sur ses seize. Un ouvrage qui a des accents de roman d’initiation, à lire en complément de "Histoires particulières", recueil de conversations de Max Gallo avec Paul-François Paoli, publié chez CNRS Editions en 2009.

L’oubli est la ruse du diable Max Gallo XO Editions 398 pp., env. 21,90 €