Livres - BD

Deux sortes d’illuminations éclairent le visage de Noël. Les unes, colorées et rutilantes, animent les vitrines des magasins, les jouets d’aujourd’hui et les guirlandes des sapins. Les autres, plus intimes, allument une petite flamme au fond du cœur de chacun. Chacun suivra son étoile. Comme, sans doute, le petit garçon de Thierry Robberecht et Philippe Goossens qui imaginent la fête de Noël en orangé, au coin de l’âtre et dans la chaleur d’un foyer familial. Joli récit que celui de cet enfant chagriné à l’idée de perdre son grand-père pourtant promu Père Noël. Où l’on apprend qu’il faut parfois quitter les siens pour le bien-être de l’humanité.

La fête de Noël invite aussi à retrouver l’Ancien et le Nouveau Testament pour des récits éternels dont nous sommes imprégnés dès la plus petite enfance. À l’instar du redoutable, et toujours redouté, déluge de l’Arche de Noé dont le grand illustrateur russe Gennadij Spirin nous livre une version très raffinée.

Né le jour de Noël 1948 dans une petite ville des environs de Moscou, souvent primé pour son travail, il a déjà illustré "Katchanka" de Tchekhov, et a choisi, pour l’Arche de Noé selon le Livre de la Genèse, d’utiliser de la tempera, des aquarelles et du crayon pour une lumière tout intérieure.

Tomi Ungerer, l’ogre de la littérature jeunesse, invite lui aussi à revisiter les contes, à commencer par l’incontournable "Petit Chaperon rouge" coiffé non pas d’une cape mais d’un casque de moto puisque Zloty emprunte son scooter pour traverser les bois enneigés et visiter sa Mère-Grand.

Accident de route, bien entendu, et rencontre étonnante avec le grand nain et le petit géant, un entretien dont le loup, caché derrière un arbre, ne perd pas une miette. En attendant les galettes. L’intrépide Zloty rencontre ensuite les sept nains, profite de leur hospitalité avant le tremblement de terre où s’effondre la maison, des petits cochons, sans doute, et, fin heureuse aux thermes pour un album certes moins férocement tendre que "Les Trois brigands" ou que "Le géant de Zeralda" mais néanmoins toujours aussi foisonnant, baroque et jubilatoire, surtout dans les illustrations.

Enfin, s’il reste un livre à déposer au pied du sapin, c’est "La Mélodie des tuyaux" de Benjamin Lacombe, artiste au succès fulgurant tant la beauté de ses illustrations, leur tristesse inquiète et leur couleur élancée séduit l’âme et le regard. Qui a oublié "Les Amants Papillons" ? Conte musical, lu en prime par Olivia Ruiz, figure de proue de la nouvelle chanson française, "La Mélodie des Tuyaux nous emmène du monde ouvrier à l’univers forain pour un vrai conte de Noël sublimé par des ambiances sonores et des mélodies flamenco.

Mon père Noël à moi ! Thierry Robberech et Philippe Goossens Mijade 32 pp., env. 11 €. Dès 3 ans L’Arche de Noé Ill. Gennadij Spirin / Le Sorbier 40 pp., env. 12 €. Dès 4 ans

Zloty Tomi Ungerer / L’école des loisirs 34 pp., env. 13,50 €. Dès 4 ans

La Mélodie des tuyaux Benjamin Lacombe, conte musical dit par Olivia Ruiz / Le Seuil jeunesse / 40 pp., env. 25 €. Dès 4 ans