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La bande dessinée française a perdu un de ses authentiques poètes et conteur de talent. Michel Plessix est décédé d’une crise cardiaque, le 21 août, à l’âge de 57 ans.
Son oeuvre la plus connue, et sa pièce de maître, est l’adaptation du roman animalier “Le Vent dans les saules” (éditions Delcourt). 

Michel Plessix s’était emparé en 1996 du classique de la littérature pour enfant, publié en 1908 par le Britannique Kenneth Grahame. De cette ode à l’amitié, à la campagne anglaise et à la douceur de vivre, le Breton avait donné une interprétation savoureuse, servie par son trait léché et un lumineux travail sur les couleurs. Plessix avait suivi les (petits) pas de Taupe, Rat, Blaireau et du fantasque Crapaud pendant quatre tomes enchanteurs. Il avait ensuite inventé une suite de son cru, en cinq volets, entraînant Rat, Taupe et Crapaud dans le désert marocain, balayé par “Le Vent dans les sables”.

Plus récemment, Michel Plessix avait encore donné libre court à son goût pour la bande dessinée animalière jeunesse en scénarisant pour son ami Loïc Jouannigot deux albums tout en tendresse, édité chez Dargaud : “La chasse au trésor”, en 2014, puis “Mélodie potagère”, l’année suivante.

Son dernier album avait été publié l’an dernier chez Casterman: “Là où vont les fourmis”, avec Frank Le Gall.

Avant cela, Michel Plessix avait proposé, avec le scénariste Dieter, l’attachante série “Julien Boisvert”, de 1989 à 1995. En quatre albums, le duo retraçait la mue d’un petit fonctionnaire en aventurier, que ses pérégrinations allaient conduire de Paris à l’Amérique en passant par l’Afrique et l’île de Guernesey. En Julien Boisvert, le site spécialisé du9 voyait une réactualisation de Tintin – un Tintin ancré dans une famille, les années 60-70’, ayant connu l’amour et revenu de ses illusions.

Michel Plessix avait été honoré en 2016 du Grand Prix de l’Affiche du festival Quai des Bulles de Saint-Malo. “J’en ai longtemps rêvé. Alors, l’avoir, c’est le bonheur”, avait-il alors déclaré, heureux prophète en son pays.