Livres - BD "Née contente à Oraibi", le troisième roman de Bérengère Cournut, conte l’émancipation d’une jeune Amérindienne. Solaire et envoûtant.

Le "peuple de la paix", c’est ainsi que les Hopis nomment leur tribu, qui vit depuis des siècles sur les plateaux arides de l’Arizona. Les conditions de vie extrêmes et l’isolement - leur territoire est enclavé dans celui des Navajos, ce qui a contribué à préserver en partie leur culture - ont en effet perpétué un mode de vie pacifique. Près de soixante ans après la parution en français de "Soleil Hopi", l’autobiographie du chef Don C. Talayesva devenue un classique de l’ethnographie, c’est dans un roman sensible et vivifiant, "Née contente à Oraibi", que Bérengère Cournut propose de découvrir leur singularité.

L’écrivaine se met dans la peau d’une fillette qui grandit à Oraibi, l’un des plus anciens villages hopis, à une époque qu’on devine postérieure à l’arrivée de l’homme blanc. "Née contente", Tayatitaawa (Celle-qui-salue-le-soleil-en-riant) est cependant "sortie du ventre de sa mère avec les pieds tordus", comme habitée par une ambivalence héritée de ses ancêtres, et en particulier de son père [...]