Livres - BD

C’est à l’issue d’un master de création littéraire effectué à l’université du Havre que le texte d’Olivier El Khoury (né à Namur, il vit à Bruxelles), qui l’a présenté en clôture de cette formation, a été repéré par une éditrice. Après plusieurs versions, ces pages sont devenues "Surface de réparation". On y suit un supporter acharné de Bruges dont la vie s’organise autour des matches et de la recherche d’une partenaire sexuelle. En dix-sept tableaux à l’écriture parfois très orale se dessine une trajectoire entre ombres et lumières. Une épopée non dénuée d’humour où se joue rien moins que la vie.

Vous êtes publié en cette rentrée littéraire. Le vivez-vous avec appréhension ou excitation?

Plutôt de l’excitation positive car cette période est prestigieuse. Je ne nourris aucune ambition particulière en termes de vente, ce qui me permet de ne pas être sous pression.

A vous livre, on se demande quelle est la part autobiographique de votre roman?

C’est une question qui m’étonne toujours car je ne pensais pas qu’on me la poserait autant… Le personnage principal est effectivement inspiré de ma vie, mais j’ai extrapolé, certains traits sont exacerbés. C’est assez perturbant pour les gens que je connais parce qu’entre le vrai et la fiction, ils ont du mal à faire la distinction. Ma mère, qui voit en moi un chouette mec droit dans ses bottes, me considère comme un pervers sexuel depuis qu’elle a lu le livre : elle m’a assimilé au personnage principal ! J’essaie donc de faire comprendre que j’évolue sur la tangente entre fiction et réalité, et que ce n’est qu’un jeu. Je n’avais pas réalisé que cela pouvait intriguer à ce point. J’aime m’amuser avec ma personne, mais je n’ai pas fait n’importe quoi avec les proches dont je me suis inspiré.

Comme votre "héros", êtes-vous passé de l’écriture de poèmes à celle d’histoires?

J’ai commencé par des nouvelles, d’ailleurs ce livre est écrit par épisodes - il y a bien une chronologie, mais elle peut être chamboulée. Lors de mon master en création, j’ai tenté plusieurs formes d’écriture jusqu’au roman, mais entre-temps j’ai écrit un peu de poésie, l’un ou l’autre morceau de rap. Ce livre est l’aboutissement de ces expériences.

Avec un livre sur le foot et les filles, ne risquez-vous pas d’intéresser d’abord un lectorat masculin?

Je n’y ai pas pensé en l’écrivant… Mais je pense que les thèmes du foot et des relations avec les filles peuvent être des portes d’entrée vers des sujets plus universels, et que cela n’est pas discriminatoire.

Olivier El Khoury, "Surface de réparation", Notabilia, 150 pp., env. 14 €