Livres - BD

Il y a plusieurs façons de regarder le ciel.

Il y a plusieurs saisons pour regarder le ciel.

Il y a plusieurs raisons de regarder le ciel.

Chacun a sa raison.

Chacun a ses raisons.

Et qui donc aurait tort ?"

Tout est dit, ou presque, en ces premiers mots de Carl Norac dans "Plus haut que le ciel", le livre solidaire qui vient de paraître aux éditions Rue du Monde et qui est édité par le talentueux Zaü.

Chaque été, cette maison d’édition engagée organise "L’été des bouquins solidaires" et pense aux "Oubliés des vacances". Depuis douze ans, cette opération menée avec le Secours populaire français permet de discuter en famille ou à l’école de questions fortes qui concernent petits ou grands. En outre, la vente des trois albums sélectionnés cette année, "Mes deux perroquets et la liberté" de Rashin Kheirieh, "Ah ! Quelle soupe les amis !" d’Alain Serres et de Judith Gueyfier et "Plus haut que le ciel" de Carl Norac, permettra d’offrir un livre à 50 000 enfants "oubliés des vacances".

Métaphore du danger

Trois albums qui disent la liberté, la solidarité et la tolérance. Jack le suricate regarde "Plus haut que le ciel". Ses congénères Jim, Joe et Jerry-le-plus-petit, qui vivent au même endroit, lui ressemblent mais ont chacun leurs habitudes. Et leurs façons de regarder le ciel. Ce qui leur vaudra de belles foires d’empoigne. Jusqu’à ce qu’un danger plus grand les menace. Une ombre plane au-dessus de leurs museaux pointus. Un rapace. Un vautour. Pire encore, un vautour affamé qui de ces quatre suricates ferait bien son dîner. Le voyant s’éloigner, la vieille gazelle Kala soupire d’aise et chacun reprend sa discussion, les mots portés par le vent, sur la manière de regarder le ciel. Et si le vautour revenait ?

Métaphore du danger qui plane au-dessus de nos têtes et ode à la solidarité, "Plus haut que le ciel" fait alterner poésie et vivacité. Pour le plaisir du lecteur et pour la bonne cause.


"Plus haut que le ciel", Carl Norac et Zaü, Rue du Monde, 35 pp., env. 16,50 €.