Livres - BD

“Qui a tué mon père” est le nouveau livre d’Edouard Louis. L’auteur d’“En finir avec Eddy Bellegueule” accuse les responsables politiques de la déchéance physique de son père. Un livre bref, 85 pages, très fort, mêlant réflexions théoriques et écriture littéraire.

Trois oeuvres d'Edouard Louis

Edouard Louis est l’auteur de trois livres essentiels qui questionnent la violence à différents niveaux. “En finir avec Eddy Bellegueule” (2014), raconte son enfance dans un milieu prolétaire, raciste et homophobe du Nord de la France. Traduit dans une trentaine de langues, adapté au théâtre et au cinéma, le livre s’est écoulé, rien qu’en France, à plus de 300 000 exemplaires.

“Histoire de la violence” (2016) interroge les origines de cette dernière par le biais d’une agression et d’un viol dont il a été victime.

Avec “Qui a tué mon père”, le fils donne un nouvel éclairage au parcours de son paternel, qu’il envisage sous l’angle des relations dominant-dominé.


“Raconter l’incidence de la violence politique sur les corps”

Dans son premier livre, "En finir avec Eddy Bellegueule", Edouard Louis (25 ans) n’était pas tendre avec son père. "Qui a tué mon père" (sans point d’interrogation car l’auteur "dénonce", "accuse", cite des noms) voit le fils porter un tout autre regard sur son géniteur.

Quelques années se sont à peine écoulées, pourtant. Dans l’intervalle, Eddy Bellegueule est devenu Edouard Louis. Après avoir "fui" son village, le jeune homme est "monté" à Paris. Diplômé de l’Ecole normale supérieure, il a également suivi des études en sciences sociales. Présentement, il vient de commencer une thèse sur les transfuges de classe. Il a jeté son dévolu sur des écrivains comme Toni Morrison, Jean-Luc Lagarce, Annie Ernaux ou James Baldwin. Il aurait pu s’inclure, "mais je ne parle pas de moi", rit-il alors qu’on le joint par Face Time ("Sinon, j’éprouve des difficultés à croire à l’interaction", se justifie-t-il). Il est de retour des Etats-Unis où il enseigne, ponctuellement, la littérature et le "creative writing" dans une université du Nord.

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