Livres - BD Après la Bastille en 1789, la jeunesse prend la Parole en mai 68.

Il y avait un franc parfum d’insurrection dans l’air. Comme un vertige collectif. Celui de ceux qui, transportés d’enthousiasme jusqu’à l’ivresse, se sentent soudain capables d’aller trop loin. Ce qui fera dire à certains observateurs - les "avis autorisés" - que ces jeunes d’alors avaient à cœur de tout détruire, mais rien à proposer. Car peu d’événements, tels que les philosophes Deleuze et Guattari nommèrent ce happening socio-culturel, donnèrent lieu au cours de ces 50 dernières années à une aussi vive logomachie que ce mois de mai 1968.

Chacun donc y va de sa version des faits. Sur un point, tout le monde s’accorde : quelque chose a changé depuis ce printemps flamboyant. En bien ou en mal, là est toute la question. Pour les uns, ce fut le début d’une lente décadence; morale surtout. Pour les autres, une vraie révolution, des mœurs en effet, mais de la société dans son ensemble. Pour notre compte, modestement, il nous paraît que rien vraiment ne fut plus jamais comme avant.