Livres - BD

Une avalanche à la fin d'août? Rien d'exceptionnel, puisqu'il s'agit de celle - traditionnelle - qui voit déferler par centaines les nouveaux romans (francophones ou traduits) sur les tables des libraires, dans les rayons des grandes surfaces et sur le bureau des critiques. A l'assaut de futurs lecteurs.

Un centenaire courtisé

Cet automne encore, ils satisferont les plus divers appétits. OEuvres de (80) nouveaux venus autant que de «routiers» du roman, ces livres vrombissent sur le circuit des Prix comme autant de formules 1. Cette année, le Goncourt (très courtisé) fête ses 100 ans: trop tôt pour (pré) dire qui l'aura, mais il se murmure qu'une Lydie Salvaire («Passage à l'ennemie», au Seuil) a ses chances. Ce qui semble sûr, en revanche, c'est que les Dix regarderont à deux fois avant de couronner, comme l'an dernier, un texte aussi pointu que «Les Ombres errantes» de Pascal Quignard - qui n'aurait pas dépassé les 80.000. Quelque 700 romans, donc (en survivra-t-il un dixième au-delà de la mi-novembre?), auxquels s'ajoutent des kilos d'essais ou de biographies, notamment de Cocteau et de Kennedy, tous deux morts il y a 40 ans. De ces nouveautés, notre supplément «Lire» de ce vendredi vous en propose une bonne quinzaine, dont les livres de «locomotives» comme Amélie Nothomb («Antéchrista», chez Albin Michel) - qui est aujourd'hui le plus lu des écrivains belges - ou Frédéric Beigbeder dont le «Windows on the world» (Grasset) a pour toile de fond l'attentat contre les Twin Towers en 2001, thème également traité par Luc Lang dans «11 septembre mon amour», qu'édite Stock.

Grandes pointures

Paraissent aussi, ces jours-ci, le roman baroque de la Chinoise Shan Sa, «L'Impératrice» (Albin Michel), un nouveau Karine Tuil, «Tout sur mon frère» (Grasset), des «Mammifères» d'un Pierre Mérot (que l'on compare à Michel Houellebecq), ou «La Grande Nuit» d'André-Marcel Adamek (à La Renaissance du Livre). L'événement, sera indiscutablement la parution de «Trois jours chez ma mère» de François Weyergans, roman que Grasset annonce (attend) depuis... trois ans. Et qui, sauf couac de dernière minute, sortira début septembre. Est-ce une stratégie pour susciter un carton dans les ventes? Nous voyons mal l'auteur de l'émouvant «Franz et François» (1997) se prêter à ce genre de jeu.

Parmi les titres qui devraient «marcher», bénéficiant du battage d'une presse parisienne qui s'y entend comme personne pour faire mousser ce qu'elle a envie de faire mousser, citons surtout l'«Allah superstar» de Y.B. (qui ne sont pas les initiales d'Yves Berger - bien que l'éditeur soit le Grasset dont il est l'un des manitous - mais celles de Yassir Benmiloud). Dans quelques semaines, de grandes pointures seront présentes au rendez-vous: parmi celles-ci, Patrick Modiano (avec «Accident nocturne», chez Gallimard) et Hector Bianciotti avec «La nostalgie de la maison de Dieu».

Onze cent onze

Aux côtés de tels ténors, quelques livres plus feutrés, dévoileurs d'envers des choses: dans «Discrétion assurée» (Melville/ Léo Scheer), une ex-attachée de presse, Marie-Odile Beauvais, n'y va guère avec le dos de la cuillère; quant à Alice Massat, dans «Le Code civil» (Denoël), elle ressuscite son ex, Jean-Edern Hallier. Finissons sur un «phénomène» : auteur de plus de... 200 romans, Pierre Pelot publie chez Denoël une fresque historique qui se double d'un thriller contemporain. Peut-être le plus ambitieux des romans de la rentrée (au titre un brin aragonien) : «C'est ainsi que les hommes vivent» : onze cent onze pages. La question n'est pas: quand P.P. a-t-il eu le temps d'écrire ça, mais: quand trouvera-t-on le temps de le lire? Sauf si le Goncourt l'impose.

© La Libre Belgique 2003