Livres - BD

Ils y sont nés. Ou ils y ont grandi. Ou ils ont décidé de s'y installer et d'y vivre au quotidien. Cinq artistes de chez nous posent leur regard sur LEUR ville. Ils nous promènent dans un espace qu'ils nous font découvrir à la lumière de leur vécu.

Fils de poète, Carl Norac est né à Mons en 1960. Il y a grandi dans ce qu’il appelle lui-même une cité populaire avant de suivre sa famille partie vivre au milieu des bois. Professeur de français, scénariste pour la télévision, journaliste, il en vient à se consacrer entièrement à la passion de sa vie : l’écriture. De la poésie et du théâtre aussi. Pouvait-il en être autrement quand on est fils de… Mais aussi de la littérature jeunesse. En 1996, “Les mots doux” ont été un succès international. Il est aujourd’hui une de nos toutes grandes plumes.


En balade dans les rues de Mons avec Carl Norac

Rendez-vous était donné près du petit singe, l’emblème de Mons, pour une balade à travers la capitale culturelle 2015. Carl Norac aurait aimé s’attabler à l’Excelsior, cet ancien repaire de surréalistes montois, Fernand Dumont ou Achille Chavée, où il venait écrire ses poèmes. Mais le café des surréalistes était fermé à l’heure du café… La logique l’emporta donc et c’est au Saint-Germain que commença la visite, là où ses parents se sont retrouvés après une première rencontre houleuse. Pour se faire pardonner sa maladresse, l’auteur et poète Pierre Coran (1), qui était alors instituteur, avait invité la jeune Irène dans cette pâtisserie réputée de la Grand-Place, qui s’appelait alors "Chez Saey". Elle est arrivée en retard mais en courant. C’était bon signe. Trois ans plus tard, en 1960, à l’hôpital Saint-Georges, naissait Carl Norac, un solide gaillard aujourd’hui, un poète bâti comme un bûcheron, un auteur, l’un des meilleurs en Belgique, de livres pour enfants et l’artiste "complice" associé pour la littérature de Mons 2015, même s’il vit à Olivet, près d’Orléans, depuis 1998.

Tour du monde

Arpenter les villes de la cité du Doudou en compagnie de ce grand artiste, auteur de quatre-vingts livres jeunesse et recueils de poésie traduits dans 46 langues, c’est aussi faire le tour du monde tant les voyages ont compté pour lui. "Si je voulais écrire de la poésie, il fallait que je vois le monde. Au Tibet, en voyant un visage ridé dont chaque ride racontait une histoire ou une femme aux cheveux luisants de beurre, j’ai compris que j’écrirais l’humanité. Je ne pouvais pas embrasser l’immensité du monde." Remarqué, son premier recueil de poèmes "Dimanche aux Hespérides" (1993, Ed. de la Différence) fit écrire à Pierre Mertens que "Voltaire se réconcilie avec Rimbaud" alors que le Figaro parle de "promesse majeure pour la poésie française". Carl Norac avait fait le bon choix. Côté littérature jeunesse également si l’on en croit le succès des "Mots doux", numéro un des ventes aux Etats-Unis lors de sa sortie en 1996 et la qualité des nombreux autres albums qui ont suivi, publiés chez Pastel ou chez Didier jeunesse lorsqu’il raconte la musique, une de ses autres passions.

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