Livres - BD

A la veille de la sortie de "Brisingr", troisième tome attendu des aventures d’Eragon imaginées par le jeune Christopher Paolini et à l’heure où la série "Fascination" de Stephenie Meyer occupe la tête des ventes, tous genres confondus, Tara Duncan (XO éditions), avec une moyenne de 50.000 exemplaires vendus par volume, se fraye une belle place au box-office. L’on parle même de "tarradicts", lesquels sont heureux d’apprendre qu’un dessin animé sortira en octobre 2009.

Considérée comme la petite sœur d’Harry Potter, Tara Duncan, jeune fille de son état, jouit également de certains pouvoirs dans un monde où vivent des sortceliers. Héritière d’un Empire, elle doit combattre Magister qui veut conquérir le monde. La fillette, désormais adolescente, vit dans AutreMonde, une planète magique, colorée, dangereuse, attirante, peuplée d’elfes, de vampyrs, de lutins, de gnomes, d’orcs, de trolls et de beaucoup d’humains, le tout arrosé de technologie magique, d’écrans de cristal et d’histoires d’amour. À l’aube du cinquième tome ("Dans le piège de Magister"), la jeune Tara, au caractère bien trempé, est décidée à ne pas se laisser faire. Et fait appel à ses dons d’espion. Bien qu’heureuse du succès rencontré aujourd’hui par sa série, Sophie Audouin-Mamikonian a d’abord dû essuyer un refus. Princesse arménienne, elle entame, dès 1987, sa série en dix volumes mais le premier tome est refusé par les éditeurs. Il faudra attendre que surgisse un certain Harry Potter pour que son livre soit publié. Et qualifié de plagiat.

Avez-vous souffert de ces accusations ?

Oui car j’ai présenté le premier tome en 1991 aux éditeurs. J’avais mis quatre ans pour l’écrire. Ils l’ont refusé, estimant qu’il était trop gros et que la magie ne marcherait pas. En fait, j’ai été précurseur. Je suis arrivée trop tôt. J’ai travaillé pendant dix-sept ans, c’est le travail de toute une vie. Alors quand Harry Potter est arrivé, c’était super énervant. J’ai renvoyé mon manuscrit aux éditeurs. Ceci dit, je suis en totale admiration devant les autres. Quand je lis un Agatha Christie, par exemple, je me dis que je ne ferai jamais aussi bien.

Pourquoi avoir commencé à écrire un récit fantastique ?

Lorsque ma première fille est née, je m’ennuyais beaucoup alors j’ai relu Shakespeare et c’est en relisant "Songe d’une nuit d’été" que je me suis demandé d’où venaient ces personnages et que j’ai créé Autremonde. Le prénom Tara, je l’ai donné en hommage à Scarlett O’Hara et à ma série préférée, "Chapeau melon et bottes de cuir", car c’est la première fois qu’une héroïne féminine bottait les fesses des méchants. Duncan, c’est en l’honneur d’Isadora Duncan qui a révolutionné la danse. Par ailleurs, je ne voulais pas d’un monde moyennageux mais d’un monde moderne avec des tapis volants, des téléphones portables en guise de boules de cristal

Comment expliquer l'engouement des jeunes pour la littérature fantastique ?

Parce qu’ils ne doivent pas la lire à l’école. La plupart des livres imposés aux jeunes lecteurs ont été écrits par des professeurs à l’écriture très convenue. Alors, quand je suis arrivée avec mes livres délirants et plein d’humour, cela leur a plu. Aux adultes aussi puisqu’ils représentent 30pc de mes lecteurs.