Livres - BD

Le prix Victor Rossel 2001 , d'un montant de 200.000 BEF (4.960 €) a été attribué - mercredi à Bruxelles, dans les salons du journal `Le Soir´ - à Thomas Gunzig pour son premier roman, Mort d'un parfait bilingue´, édité au Diable vauvert (252 pp., 12,64 € ou 510 BEF). Né à Bruxelles le 7 septembre 1970, Thomas Gunzig, qui est libraire, n'avait publié jusqu'ici que des recueils (remarqués) de nouvelles, dont `A part moi personne n'est mort´ (au Castor Astral), qui fut finaliste du Rossel en 1999. Dans le burlesque `Mort d'un parfait bilingue´, le corrosif nouvelliste de `Situation instable penchant vers le mois d'août´ et d'`Il y avait quelque chose dans le noir qu'on n'avait pas vu´ met en scène (depuis un lit d'hôpital) un narrateur, ancien soldat devenu partiellement amnésique, qui raconte l'enfer qu'il traversa en 1978 dans un pays ou une région indéterminé (on peut imaginer les Balkans autant que le Vietnam); un paumé qui évolue dans un univers de sang et de folie, que filment des médias sans foi ni loi pour qui le conflit n'est qu'un spectacle appelé à doper l'audimat. Un roman/fable, que teinte un humour des plus noirs, qui traduit une imagination déjantée. Ici, télé, pub et boucherie se mêlent dans une dingue danse de mort dont des accents font incidemment rapprocher Gunzig de San-Antonio ou de Céline, de Ravalec ou de Dantec. Simultanément, le prix Victor Rossel des jeunes (50 000 BEF ou 1 240 €), attribué pour la première fois par un jury de treize rhétoriciens de Wallonie et de Bruxelles, a couronné Vincent Engel pour `Retour à Montechiarro´, paru chez Fayard. (Fr.M.)

CONCERT

HIP HOP

Saïan Supa Crew, positif et concret

Etonnant. Armés d'un album très bien accueuilli, d'une réputation scénique louangeuse, les Saïan Supa Crew n'ont pourtant rempli qu'une moitié de salle, mardi soir, pour leur concert aux Halles de Schaerbeek. Une moitié emballée, enthousiaste, mais une moitié quand même. Explication? La sortie récente de l'album, un premier single pas vraiment calibré pour les radios, un dernier passage belge qui ne remonte pas à si longtemps... A moins que le groupe ne se trouve à la croisée des chemins. Entre succès grand public et méfiance du milieu hip hop. Il suffisait d'ailleurs de voir le public, très jeune, presque familial présent aux Halles, loin de l'audience rap habituelle. Pourtant, tout le monde a pu y trouver son compte. Les Saïan n'ont en tout cas pas lésiné: quasi deux heures de concert, alternant morceaux directs et plus alambiqués. On voit bien les limites du concept (ni musiciens, ni DJ; des impros `radios´ à moitié foireuses...). Mais au bout du set, l'énergie déployée prend le dessus, rappelant que le rap a débuté dans une grande fête. Ne rendant ainsi leur démarche que plus authentique. (L.H.)

© La Libre Belgique 2001