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Un carrure imposante, des allures de Viking à l’image de son héros, Bjorn le morphir, une aisance dans l’écriture au long cours comme dans le crayon insolent, Thomas Lavachery, né en 1966 à Bruxelles, est un artiste pluriel, un des enfants surdoués de la littérature jeunesse belge, et étrangère.

La reconnaissance qu’il vient de recevoir pour l’ensemble de son œuvre, le Grand prix triennal de la Littérature jeunesse, est donc largement méritée. Et salue, en outre, pour la première fois, un romancier.

Capable, avec Bjorn le morphir, dont les aventures, publiées à L’école des loisirs, ont été vendues à plus de cent mille exemplaires, de créer un univers fantastique dans ce Fizzland imaginaire où l’hiver 1606 fut rigoureux au point d’ensevelir tout le village sous la neige, l’écrivain, très visuel, peut aussi nous emmener dans la jungle, celle de son Jojo facétieux, et peut-être moins généreux qu’il le prétend. Faisant déjà preuve d’originalité dans ses romans, Thomas Lavachery dote ses albums d’un ton novateur.

Petit-fils de l’archéologue Henri Lavachery

Bon sang, il est vrai, ne saurait mentir. Petit-fils de l'archéologue Henri Lavachery qui participa à l’expédition scientifique sur l’île de Pâques dans les années 30, il s’est d’abord lancé dans la bande dessinée et a publié ses premières planches, à dix-huit ans, dans le magazine Tintin.

Il adapte ensuite en dessin la série d’animation Téléchat, puis étudie l’Histoire de l’art à l’ULB.

Ayant plusieurs cordes à son arc, il réalise deux documentaires remarqués, «L’homme de Pâques » (2002), qui raconte l’expédition de son grand-père précédé de « Un monde sans père ni mari » (2000), sur les Moso, une ethnie chinoise ignorant le mariage, aux mœurs sexuelles très libres. Un sujet, porteur, bien entendu.

Il faudra attendre 2002 pour sa grande entrée en littérature jeunesse et il ne serait pas étonnant de le voir prochainement s’essayer au roman pour adultes. Il en a le souffle, assurément.


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