Livres - BD

Dans ces colonnes, le 18 mai 2007, nous applaudissions la parution du premier tome de "L'Enigme Jacobs" (qui couvre les années 1904-1946) sans oser imaginer qu'il ne faudrait qu'à peine quelques mois de patience pour qu'on puisse en lire la suite et fin. MYTHIQUES

Ce tome deux, le voici donc qui paraît aujourd'hui. Une nouvelle fois, saluons sans réserve cet admirable travail réalisé par Philippe Biermé pour honorer le dessinateur et scénariste bruxellois Edgar Pierre Jacobs (30 mars 1904 - 20 février 1987), père spirituel de Blake et Mortimer, deux des mythiques héros du Neuvième art. Nos préférés. Né à Uccle en 1945, artiste peintre et photographe autodidacte, grand égyptophile devant l'Eternel, Philippe Biermé fut, pendant vingt ans, le collaborateur et le confident quotidien du prodigieux auteur du "Mystère de la Grande Pyramide" et de "La Marque Jaune". Certes (mais une version en dvd verra sans doute un jour le jour), "L'Enigme Jacobs" ne touchera qu'un public limité puisque chacun de ses tomes n'est tiré qu'à cent exemplaires numérotés. D'ores et déjà, il s'agit de pièces de collection pour lesquelles les jacobsiens bon teint casseront leur tirelire, ces jacobsiens qui savent, par exemple, qu'"Edgard avec d est réservé à la personne privée et Edgar sans d , au nom du dessinateur BD". Dans ce tome deux, qui compte une cinquantaine de pages de plus que le précédent, nous est livrée - commentée avec ferveur - une extraordinaire documentation relative aux années 1946 (quand est lancé le journal "Tintin" où, dès le n°1, surgit "Le Secret de l'Espadon") à 1987, celle du décès du créateur du Capitaine (Francis) Blake, du professeur (Philip) Mortimer et du Colonel Olrik - sans oublier le fidèle Nasir. Dans ce tome à l'iconographie aussi fabuleuse que dans le premier, Philippe Biermé ressuscite les saisons les plus créatrices d'E.P.J., nous éclairant les racines d'une oeuvre sans égale qui nous tient sous son charme depuis des décennies. CINQ CAISSESDans un avant-propos (presque incroyable), Philippe Biermé raconte comment, après le décès de son demi-frère (Guy Impériali, 1934-2004), dix-sept ans après celui de Jacobs, il a pu retrouver cinq lourdes caisses contenant "de précieux documents et souvenirs témoins de la vie bien remplie d'Edgard". On ne pourrait assez s'en féliciter, puisque c'est grâce à ce "providentiel" sauvetage d'archives (d'un intérêt documentaire inestimable) que Philippe Biermé a pu enrichir "L'Enigme Jacobs" où d'émouvantes surprises sont réservées au lecteur à pratiquement chaque page: des croquis, des manuscrits en fac similé, des souvenirs divers, et un texte détaillé sur l'homme/Jacobs et sur son oeuvre. Des repérages photographiques permettent de visiter les lieux qui inspirèrent des Blake et Mortimer, notamment "La Marque jaune" et "S.O.S. Météores". Tout, dans ce magistral ouvrage, s'avère instructif, révélateur, empreint d'émotion aussi. Remercions-en chaleureusement son auteur qui contribue ainsi, incomparablement, à une meilleure connaissance d'un artiste belge universellement lu, dont les albums n'ont pas fini de nous émerveiller.