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Le 31 août, on commémorera le 150e anniversaire de la mort de Charles Baudelaire, l’un des poètes français majeurs du XIXe avec Hugo, Verlaine et Rimbaud; c’est au cimetière du Montparnasse que repose l’écrivain né à Paris le 9 avril 1821. Pour la circonstance, paraît une nouvelle biographie du chantre des "Fleurs du Mal", due à la très lettrée Marie-Christine Natta, auteure notamment d’un essai sur le dandysme, "La Grandeur sans convictions". 

Artifice

Dans son étude, l’essayiste souligne l’importance que Baudelaire accorde à l’artifice, "élément fondateur de son dandysme", observant qu’"à rebours de ses contemporains, il se détourne de la nature dont le spectacle ne l’inspire ni ne l’émeut". Selon Mme Natta, sa seule conviction, c’est "la quête du Beau". Un h omme du "moi déchiré", de la contradiction, dont le nomadisme est une "manifestation de son spleen". "Il me semble , écrira-t-il, que je serais bien là où je ne suis pas". N’aimant la femme que "parée et fardée", cet adorateur de la peu farouche Mme Sabatier (dont Auguste Clésinger immortalisa audacieusement la vénusté dans le marbre) fut candidat malheureux à l’Académie française. 

Critique d'art

Traîné en justice en 1857 pour "Les Fleurs du Mal" (recueil qui devait d’abord s’intituler "Les Lesbiennes", puis "Les Limbes"), Baudelaire fut par ailleurs un grand critique d’art (mais qui se trompa sur l’avenir de la photographie, refusant d’y voir un art), le pondeur de textes nauséabonds sur la Belgique, l’admirateur d’Eugène Delacroix, de Félicien Rops, de Théophile Gautier et d’Edgar Poe (auquel il rêvait de ressembler). Page 763, Marie-Christine Natta salue "le charme inépuisable d’une œuvre qui a ouvert la voie aux symbolistes, aux surréalistes et à la foule infinie de tous les modernes". 

Francis Matthys

Marie-Christine Natta, Perrin, 894 pp., env. 28 €