Livres - BD

Si vous aimez les potins de star dans leur microcosme transatlantique et les paillettes d'Hollywood ou de Las Vegas, ce livre vous interpellera certainement au niveau de votre vécu. Par contre, si vous voulez vraiment comprendre les relations interpersonnelles, qui ne furent, de fait, pas toujours faciles, pour ne pas dire franchement mauvaises entre certains membres de la famille royale belge, vous resterez absolument sur votre faim.

«La brisure», l'autobiographie de la princesse Marie-Christine de Belgique éditée simultanément par les éditions Luc Pire et Van Halewyck -à qui on devait déjà en duo, un certain «Paola» de Danneels (Mario, pas Godfried)...- révèle certes que la demi-soeur d'Albert II n'aimait guère sa mère et éprouvait quand même pas mal de sympathie pour son royal géniteur mais ces rares pages peu ou prou intéressantes sont noyées dans un flot d'anecdotes d'un intérêt plus que relatif.

Princesse en exil par choix parce qu'elle ne voulait plus vivre dans un milieu qu'elle jugeait hors du temps mais princesse quand même quand cela pouvait l'aider, Marie-Christine a toujours eu un faible pour les vedettes de tous poils (dont les chiens qu'elle dit adorer...) et elle nous conte donc par le menu les rencontres qu'elle a faites avec des acteurs de ciné, des chanteurs, des «Américains connus» forcément sous le charme d'une princesse moderne.

Marie-Christine a quand même essuyé un refus très net auprès de Robert Redford qui se demanda ce que lui voulait cette jeune femme un brin trop entreprenante!

Trêve de plaisanteries, du point de vue de l'Histoire de Belgique, avec une majuscule, la princesse Marie-Christine rapporte au détour de quelques pages bien senties les incompréhensions nées entre Léopold et Lilian et Baudouin et Fabiola. Pas un scoop en soi quand on sait que Baudouin n'annonça ses fiançailles à ses parents qu'en toute dernière minute. Pas nouvelle non plus d'ailleurs, la révélation de la complicité qui liait la princesse à son demi-frère mais on n'y trouve point de détails sulfureux sur l'aide financière que ce dernier lui aurait apportée. Quant à l'information selon laquelle, elle se serait fait avorter avec de l'argent du Roi, relayée «con amore» par une certaine presse pourtant considérée comme sérieuse, elle n'en pipe mot. Mieux: elle a même fait démentir l'allégation par l'équipe de la VRT qui est allée l'interviewer aux States!

Il est aussi question à quelques rares moments du roi Albert. Plus jeune, il n'aurait plus guère fréquenté Argenteuil tout en ayant gardé des liens avec le prince Alexandre. Mais l'auteure précise surtout que c'est le Roi qui lui aurait permis de sortir de la dèche financière. Faut-il préciser que le Palais refuse de commenter ce qui relève de la vie privée et davantage encore strictement familiale? A moins qu'il ne faille y voir un geste de désintérêt total face à une entreprise commerciale dont ne tireront profit que les milieux traditionnellement opposés à la Couronne et, on ose l'espérer pour elle -puisqu'elle répète volontiers que sa situation n'est pas facile- Marie-Christine, elle-même...

Christian Laporte

© La Libre Belgique 2004