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Rencontre
Thomas le Morphir
L.B.
Mis en ligne le 13/01/2006
Un premier livre qui ressemble à un coup de maître, voilà qui est toujours de bon augure. De quoi, en tout cas, encourager l'auteur à persévérer. Comme le fait Thomas Lavachery, auteur de «Bjorn le Morphir» (L'École des loisirs, coll. Médium), nouveau héros des cours de récré dont les aventures se déclineront autour d'une dizaine de titres. Paru en 2004, «Bjorn le Morphir» est suivi, au printemps 2005, de «Bjorn aux enfers» qui obtient, au Salon de Namur, le prix du meilleur roman jeunesse belge (prix Libbylit). Les feuilles d'automne nous apportent «Bjorn aux enfers II» (286 pp., env. 11 €. Dès 10 ans) et ce rythme bisannuel devrait se poursuivre pendant quelques années. La belle nouvelle pour les fans de Bjorn, jeune Viking né au Fizzland, timide et craintif. En 1065, la neige est méchante et engloutit les villages vikings. Durant cette épreuve terrible, chacun se dévoile tandis que Bjorn, à l'instar des Morphirs, se métamorphose et se transforme en combattant redoutable. Chargé d'une mission importante, le jeune Viking doit descendre aux enfers pour sauver le prince Sven. Les dangers qu'il rencontre en chemin ne sont pas sans faire frémir les jeunes lecteurs.
Né à Bruxelles en 1966, Thomas Lavachery a publié ses premières bandes dessinées dans l'hebdomadaire «Tintin» à 18 ans. Il étudie ensuite l'histoire de l'art et réalise des documentaires remarqués aux sujets divers sur l'Homme de Pâques ou les moeurs sexuelles très libres des Mosos, ethnie chinoise privilégiant le matriarcat. De là à publier un premier roman, il restait une porte à franchir, celle de la chambre d'un gamin de huit ans, avide d'histoires «à bouche». A force des les inventer, le papa a fini par les coucher sur le papier.
Pourquoi avoir choisi l'univers fantastique, même si l'on sait qu'il est très à la mode?
Au départ, je n'étais pas fan du Fantastique mais j'ai vite réalisé que je prenais énormément de plaisir à l'inventer et que mon imagination s'y épanouissait. J'ai par ailleurs beaucoup aimé des romans comme «Cent ans de solitude» ou «Moby Dick», qui ne sont pas catalogués comme tels.
Vous qui partez souvent à la rencontre des élèves, dans les classes, savez-vous pourquoi ils sont tellement attirés par la «fantasy»?
Harry Potter a certainement joué un rôle. Je constate que le mot «suspense» revient souvent. Ils aiment aussi avoir peur mais ont du mal à définir les raisons de leurs attirances. En tout cas, c'est un public passionné qui pose beaucoup de questions, donne son avis. J'ai beaucoup de plaisir à rencontrer les élèves.
D'où vient cette attirance pour le Moyen Âge scandinave?
Le monde viking m'intéresse depuis longtemps notamment grâce à la lecture de Sigrid Undset, prix Nobel qui octroyait dans ses romans une belle place aux femmes comme le prouve Kristin Lavransdatter; sans oublier les sagas islandaises du Moyen Âge. Tout cela parce que mes parents avaient une bibliothèque pour tous et qu'on se partageait les livres en famille. Personnellement, je suis pour la littérature transgénérationnelle.
© La Libre Belgique 2006
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